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Et Si.... ou l'Autre Chemin.
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Sylvie
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Féminin Cancer (21juin-23juil) 猪 Cochon

Posté le: Dim 16 Déc - 00:38 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Auteur : Sylvie
Catégorie : Une alternative sur le thème de End if…
Rating : PG 13 ans par principe.
Personnages: Harm, Mac, Mic, l'Amiral, Bud, Harriett et divers personnages de la série.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de DBP et Bellissarius Production. Je n'ai fait que les emprunter………..Etc..
Résumé : Le trio Harm/Mac/Brumby, je n'en dis pas plus …..
NDA : Cette histoire débute à la fin de la saison 9 lors du départ à la retraite de l'Amiral, que j'ai situé au 31 Décembre 2004. J'ai totalement ignoré la saison 10 et ses nouveaux personnages, à l'exception d'un seul… Cette saison m'a déçue, je me suis consolée en écrivant ma propre suite.

Si ce n'est pas la 1ère que j'ai publiée, elle est la première que j'ai écrite. Elle m'a pris beaucoup de temps, même si ce n'est pas comparable avec celle que j'ai en cours depuis 15 mois ! Comme pour les autres merci à Cath mon illustratrice.








      

_________________
Sylvie
Harm : Vous avez un homme qui vous aimera toujours.
Mac : Et vous avez une femme qui vous aime !


Dernière édition par Sylvie le Mar 7 Avr - 23:15 (2009); édité 5 fois 
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Posté le: Dim 16 Déc - 00:38 (2007)    Sujet du message: Publicité

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Sylvie
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Posté le: Dim 16 Déc - 00:43 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Bureau du Cpte de Vaisseau H. RABB
Q. G. DU JAG - Falls Church - 4. 01 2005



  Le tout nouveau gradé Capitaine de Vaisseau Harmon Rabb était assis à son bureau. Rentré la veille de Californie où il avait passé les fêtes en famille, il constatait le peu de dossiers en attente dans son casier et sa messagerie. La trêve de Noël se terminait, on verrait la semaine prochaine.

A demi tourné vers la fenêtre, il regardait, sans la voir, la neige tombant à gros flocons depuis le début de la matinée…Le parking et les véhicules stationnés disparaissaient déjà sous un épais manteau blanc. A ce train là, la circulation va devenir impossible, pensa-t-il. Ce ciel lourd de nuages noirs, à l'image de son moral, ne lui disait rien qui vaille.

Lentement il se retourna vers l'intérieur, ses yeux croisèrent la photo qui jamais ne le quittait.Celle de son père dans son éternelle jeunesse, debout près de l'avion où lui, enfant, était assis, il y avait plus de 35 ans !Cet ultime portrait, tout comme la maquette du Stearman familial, l'avaient suivi partout… Un autre exemplaire de cette photo, ne quittait jamais son portefeuille.

D'autres portraits étaient venus rejoindre celui de ce père trop tôt disparu, celui de sa mère avec Franck son beau-père, entourant Serguei et Lauren le jour de leur mariage, l'été dernier et le petit A.J. Roberts, son filleul. Il faudra penser à son cadeau d'anniversaire !.. Il aura six ans en Mai, déjà !.. L'espace d'un instant il imagina l'enfant qu'il n'aurait pas ! Puis se ressaisissant, ajouta : il ne faut pas que j'oublie, je verrai ça avec les filles.

Un peu plus loin, son regard tomba sur le dernier cadre, celui-là datait d'une quinzaine de jours, Harriett et Bud le lui avaient offert pour Noël. Il regroupait l'autre partie de sa vie, celle d'ici, presque la plus importante. Le cliché avait été pris lors de la "Soirée de l'Amiral" organisée pour sa troisième étoile et son départ à la retraite. Qu'il va nous manquer ce grand bougon. Quel vide il laissera derrière lui… Bon courage à qui prendra la place !

La réception avait réuni plus de deux cents convives. Francesca, sa fille, avec son mari, ses amis, tout le staff du Q.G. Ils étaient tous présents, y compris les anciens, tels Tiner, Galindez avec son épouse Gloria, Lauren venue avec Sergei.

Même Sarah avait fait le voyage d'Australie avec Brumby…. Sarah plus gracieuse et élégante que jamais dans cette robe du soir d'un rouge sombre, les cheveux relevés en chignon. Elle était placée comme toujours, ente l'Amiral et lui. Il ne l'avait jamais vue aussi belle !

Le photographe avait capté ce regard d'une douceur infinie qu'elle avait parfois quand elle lui parlait … Comme ce soir lointain sous la véranda, chez l'Amiral, où l'on célébrait ses fiançailles avec ce crétin de Brumby ou cet autre jour, encore plus ancien où il quittait le JAG pour reprendre du service en mer….
- Bon Dieu, changeons de sujet ! Les idées de ce genre ne me valent rien, se dit-il se levant de son fauteuil, comme pour changer d'horizon. Quel temps !.. Si l'Amiral n'a pas besoin de moi, je vais rentrer voir Mattie et défaire mes bagages.

Un coup à la porte le tira de sa rêverie.
- Entrez.
- Capitaine…, l'Amiral voudrait vous voir dans son bureau dans 10 mn.
- Merci Jennifer, j'y serai. Tout va bien ? demanda-t-il avec son sourire enjôleur.

10 mn plus tard - bureau de l'Amiral - Q. G. DU JAG - 4. 01 2005

- Entrez Harm et asseyez-vous, j'en ai pour une minute…
- Faites Monsieur, .. Je peux revenir si vous préférez ?
- Non, j'ai terminé… Il paraît que je suis en retraite ?…ajouta l'Amiral en souriant. Bien venons-en aux faits... J'ai reçu un appel du Secrétaire d'Etat et un dossier concernant le crash d'un de nos F14 basés en Australie… Le Pilote, un dénommé John Karlsen et son RIO, Marc Williams, ont pu s'éjecter à temps - ils s'en tirent à moindre mal. La chute de l'appareil a causé des dégâts dans une ferme : incendie d'un hangar, perte de moutons… Enfin çà aurait pu être pire, le fermier demande des dédommagements. Et des voisins se plaignent du passage de nos avions à basse altitude ! ...
- Comme en Italie Amiral, souvenez-vous !
- Oui, en effet, et çà continue rassurez-vous…
- Amiral, si je peux me permettre, cette affaire ne serait-elle pas du ressort du Colonel, elle représente le JAG là-bas…
- Je suis d'accord avec vous…. Mais au Secrétariat d'Etat, on tient à ménager nos amis Australiens. Quant au Colonel... elle demande votre assistance. Elle prétend que s'agissant d'une affaire de pilotes, vous êtes mieux à même de défendre nos officiers…. Nous avons eu une conversation au téléphone… Ne me regardez pas comme ça. Elle compte sur vous ! ..
- Et bien, si Mac le demande, je pars dès que possible ….
- Coats s'occupe de vos billets d'avion et de votre hébergement. J'ai dit à Mac qu'en raison de la météo vous ne partiriez que demain, ce qui vous laisse largement le temps de préparer vos bagages... N'oubliez pas votre uniforme blanc, ni votre maillot de bain ! Là-bas c'est le plein été !.. Transmettez mes amitiés au Colonel ainsi qu'à son dadet de mari. Ce sera tout. Rompez.
- A vos ordres Monsieur.

Dans la salle centrale du JAG, Harm ne vit pas arriver le Capitaine Roberts chargé de dossiers et se heurta à lui, envoyant une partie des documents à terre.
- Pardon Bud… je.. je sors de chez l'Amiral et j'ai la tête ailleurs, attendez, je vais vous aider à ramasser.
- Ce n'est rien, mais ça n'a pas l'air d'aller ?…Des mauvaises nouvelles ?
- NNNon, non… enfin débarrassez-vous de cette paperasse et venez me voir.

Là dessus il passa devant l'ancien bureau du Colonel, sans jeter un coup d'œil sur la pièce désormais vide, et rentra dans ses quartiers.

- Entrez Bud, fermez la porte. Veuillez encore m'excuser pour tout à l'heure… L'Amiral vient de me confier une mission et…
- Je suis au courant Monsieur... Vous partez en Australie et vous êtes inquiet pour Mattie ?
- Euh.. et bien oui, un peu, c'est la première fois que je pars aussi loin depuis sa sortie de l'hôpital et pour combien de temps ?… Je ne sais pas ! J'ai toute confiance en Jennifer, mais ? ..
- Ne vous en faites pas, Harm, je vais prévenir Harriett, vous pouvez compter sur nous, elle s'organisera avec Jennifer !… Partez tranquille, tout ira bien… Pensez que vous allez travailler avec le Colonel, comme au bon vieux temps… Transmettez-lui nos amitiés ainsi qu'à Brumby.
- Je vous remercie Bud vous êtes de véritables amis Harriett et vous, j'ai beaucoup de chance de vous avoir…
- Mais nous aussi Harm !… Vous ne partez que demain je suppose ?
- Oui, vu le temps, je n'ai pas le choix et je n'ai pas envie de retourner me baigner dans le Pacifique pas plus que dans l'Atlantique !…Ils sourirent tous deux à cette évocation
- Je vous comprends, alors à demain Capitaine, je vais essayer de rentrer à la maison pendant qu'il est encore temps.
- Moi aussi… A demain ! Embrassez Harriett et les enfants.
 


Appartement du C. de V. Harmon Rabb - Union Station
Washington - 04.01.2005

Arrivé chez lui, il jeta un coup d'œil sur le répondeur. Pas de courrier, pour Internet, on verrait plus tard. Une bonne douche et une bière bien fraîche, après il faudrait préparer les bagages.

Aller en Australie !.. Dans quel guêpier vais-je me fourrer ? pensa-t-il. Durant tout le trajet de retour, il avait ressasser ses idées noires, aux quelles s'était ajoutée celle de revoir Sarah…La retrouver, il en crevait d'envie, si c'était définitif encore, mais non, il faudrait être confronté à une nouvelle séparation !….

A bien y réfléchir, tout avait commencé à aller de travers un peu plus de quatre ans au paravent, lors de son accident de vol avec Skates Hawks, son RIO, alors qu'il rentrait pour assister à ce qui, le lendemain, devait être le mariage de Brumby et Sarah.

Une effroyable tempête et de graves avaries d'instruments de bord, les avaient obligés à s'éjecter. Il était sorti de cette épreuve avec un regard neuf sur la vie et Skates l'y avait sérieusement aidé. Le fait que Mac ait localisé le canot de survie d'Harm en plein océan, avait troublé profondément la jeune femme. Elle avait compris, comme beaucoup d'autres avant elle, les véritables liens unissant son ami pilote et le Colonel.

Avait suivi le décès du père de sa petite amie, Renée, celle-ci avait pris l'habitude de se rendre chez sa mère de plus en plus souvent. Leur relation était devenue une succession de brèves rencontres, ponctuées d'appels téléphoniques, dérivant immanquablement sur Mac, pour finir en disputes. Mais cette histoire là était à classer au magasin des souvenirs. Renée avait épousé son croque-mort… Tout était en ordre de ce côté-là, mais trop tard !

Entre temps Sarah avait annulé son mariage et connu nombre de rebondissements dans sa vie privée. Mic était revenu, après avoir quitté la Marine. Il avait fini par lui passer la bague au doigt et l'avait emmenée en Australie !… Depuis, ils n'avaient quasiment plus de contact.

Mac avait mal pris les mises en garde qu'il lui avait faites, pire encore, son absence le jour du mariage. Une affaire de dommages collatéraux à la frontière irakienne lui avait évité, ce qui pour lui, aurait été un véritable supplice. Sarah s'en était vexée. Ils s'étaient quittés presque fâchés !.…

Sa vie s'était muée en un vide immense. Après la disparition de son père, dont la mort en ex-U.R.S.S ne faisait plus aucun doute, celle de Diane, l'amie de jeunesse, morte elle aussi dans d'effroyables circonstances, tout comme Jordan, c'était Sarah, son double qui désertait à son tour.

Celle avec qui il avait presque tout partagé durant près de huit ans, emportait avec elle un amour qu'il ne pourrait jamais donner à aucune autre !

20 mois…. 20 mois déjà ! C'était devenu insupportable !.. Chaque matin, en arrivant, il s'attendait à la voir sortir de son bureau ou de la salle du Tribunal, il entendait sa voix. La nuit, il faisait des rêves insensés… Au Q.G. l'oublier relevait de l'impossible tant son souvenir était omniprésent, pas une journée ne passait sans que quelqu'un ne prononçât son nom !…

Comment avait-il put être aussi aveugle et inconscient ? Pourquoi n'avait-il pas été capable de lui exprimer son amour ? Pourquoi avoir échoué où cet imbécile de Brumby avait réussi ? Ces questions le taraudaient sans cesse !..

Sarah ! Il ne l'avait appelée ainsi qu'à de rares exceptions. Mais depuis son départ, "Sarah" lui venait systématiquement à l'esprit. Lors d'une de leurs très rares conversations téléphoniques, elle en avait fait la remarque. Seule Trich disait toujours "Sarah" alors que tous l'appelaient Mac, Madame ou Colonel. Par mail, ils avaient conservé Ninja-girl et Flyboy, leurs pseudonymes habituels et strictement privés.

Cette pensée ramena Harm vers l'ordinateur qu'il n'avait toujours pas consulté. Il enverrait un mail à Sydney pour informer de son arrivée, même si l'Amiral l'avait fait de son côté.

Une petite enveloppe lui indiqua la présence de messages. Bah !!! Encore de la pub, ou Maman peut-être ! Voyons !… En effet, Trich s'inquiétait de la météo déplorable qui sévissait sur la capitale.

Harm referma l'ordinateur remettant à plus tard l'envoi d'un mail pour Sarah. Mattie allait rentrer et ses bagages en étaient au point mort. Mattie : le seul événement heureux survenu dans sa vie, depuis des années. Cette gamine un peu rebelle, orpheline de mère et abandonnée par un père alcoolique, était venue combler en partie, le vide de son existence, apportant bonheur et angoisses. Elle lui donnait tant, la voir vivre, surtout depuis son accident, le réjouissait. En avril elle serait sa fille aux yeux de la loi.

La soirée se passa comme prévu. Harm redoutait un peu la réaction de Mattie à l'annonce de son voyage, il n'en fut rien. Comme Jennifer, elle avait regagné leur appartement sans trop de problèmes. Ils avaient dîner tous les trois, les filles rassurées de savoir que les Roberts les attendaient pour le week-end et Harm tranquille sur le sort de ses protégées durant son absence.

Bud et Harriett étaient ses plus fidèles soutiens. Quel chemin ils avaient parcouru ces deux-là. Bud était Capitaine de Corvette depuis six mois, après une amputation en Afghanistan. Son parcours était exemplaire ! La pente avait été difficile à remonter, il avait brillamment réussi. Quant à elle, malgré sa légendaire gentillesse et son sourire, c'était une véritable main de fer dans un gant de velours. Son amour et son dévouement sans faille avaient été un énorme soutien pour son mari.

Il resta un moment à gratter sa guitare, songeant au couple qu'il aurait formé avec Sarah, aurait-il été capable, comme la plupart de ses amis, d'abandonner son indépendance ?... Il se décida à aller dormir. Il sombra jusqu'à ce qu'un bruit strident vienne le sortir de ses songes. Il était à peine 7 heures, après une douche revigorante et un solide petit déjeuner, il boucla ses bagages et fila vers Falls Church.

Au bureau, il confia les d'affaires en cours à Bud, avec qui il travaillait désormais. Il prit connaissance du dossier qu'il allait instruire et rassembla quelques informations sur les deux officiers impliqués dans l'accident. La météo redevenue plus clémente, le vol pour l'Australie partirait à l'heure. Dans le taxi qui l'emmenait vers l'aéroport, il s'aperçut qu'il n'avait pas envoyé de mail à Sarah.


Aéroport Dulles - Washington
D.C. - 05.01.2005

Il était bientôt minuit. Avec le décalage horaire, pas question d'appeler en Australie sans risquer de tomber sur Brumby, il verrait à l'escale ou en arrivant. Prenant place à bord de l'appareil, il constata que sa voisine était une toute jeune fille (l'âge de Mattie..) déjà plongée dans son ordinateur portable. Il s'assit sans bruit et commençait à rêvasser quand la voyageuse ôta son casque pour le saluer.

Elle s'appelait Liza Karlsen. En quelques mots elle lui expliqua qu'elle se rendait en Australie pour y retrouver son père, victime d'un accident d'avion. Il était pilote dans l'Aéronavale et avait dû s'éjecter de son appareil avec son coéquipier. Son état n'était pas grave, mais elle voulait se faire son opinion par elle-même. Sa mère étant décédée l'an passé, elle vivait désormais avec sa grand-mère maternelle, trop fatiguée pour entreprendre le voyage.

L'appareil avait décollé entre temps et un long moment s'écoula laissant Harm replonger dans ses pensées. L'officier dont il allait devoir assurer la défense, était le père de Liza : le nom de la jeune fille ne laissait pas de doute… Il faudrait en parler à Sarah dès que… Liza lui avait proposé son ordinateur, il était environ 10 H là-bas, il pouvait envoyer un mail, elle en prendrait connaissance presque aussitôt. Elle lui avait dit laisser son ordinateur toujours en veille, tant pis si Brumby était présent.


Maison de BRUMBY - Banlieue de Sydney
Australie- 6.01.2005

Le PC portable de Sarah était ouvert. Elle s'était réveillée plusieurs fois dans la nuit. Et s'était levée tôt. Depuis elle vaquait à des travaux domestiques qu'elle aurait pu laisser à Coleen, cette solide australienne d'origine irlandaise, entrée à son service dès son arrivée.

Mais elle devait s'occuper l'esprit pour oublier le dossier, qui allait lui donner l'occasion inespérée de retrouver Harm, de batailler à ses côtés, pour défendre des pilotes américains devant ces australiens féroces. Depuis près de deux ans qu'elle vivait parmi eux, elle ne s'habituait pas à leurs manières. Elle n'arrivait pas à se sentir chez elle dans ce pays, même dans sa propre maison.

Certes Mic était soucieux de son bien-être, amoureux, prévenant, il l'avait présentée aux avocats du cabinet où il travaillait, mais aucune amitié n'en était ressortie. Leur maison ne pouvait guère être plus confortable et chaleureuse.

Cependant cette attention lui pesait. Elle avait le mal du pays !… Dans cette ville ultra moderne, elle regrettait sans se l'avouer, Washington, ses avenues bordées de beaux immeubles, les immenses parcs, et les petites boutiques qu'elle avait l'habitude de fréquenter.

Quant au travail !… Son job lui plaisait par son aspect relationnel, il la maintenait en relation avec le JAG, mais il était bien moins valorisant. Outre une activité prenante, ponctuée de déplacements, d'enquêtes, elle regrettait le vieil immeuble de Falls Church et son jardin. Cette fourmilière toujours active, ses collègues, Harriett, Bud, l'Amiral, Chloé, tous lui manquaient … Et Harm plus que tout !…

Harm !.. L'éternel mystère, attachant et insaisissable. Le compagnon de tant d'aventures !… Harm et ses répliques acerbes, cruelles parfois (quand elle l'avait elle-même blessé), mais suivies très vite d'excuses maladroites, exprimées d'un air timide la faisant fondre comme neige au soleil ; encore pire quand, le pardon dans la poche, il faisait demi-tour, la gratifiant de ce sourire ravageur à la fois superbe et enfantin qui lui donnait chaque fois l'envie de se jeter dans ses bras !

Harm et ses yeux bleus comme un ciel d'été, mais capables de virer au noir comme un ciel d'orage. Elle s'était perdue parfois dans ce regard, tel le jour de ses fiançailles avec Mic, ou en décembre, lors la soirée de l'Amiral....

Sortant de table, ils s'étaient presque heurtés, elle avait chancelé sur place. Aussitôt la main d'Harm avait saisi son bras pour la soutenir. Puis il y avait eu cette valse, dansée à la demande de leurs amis…

Alors qu'ils tournaient leurs yeux s'étaient croisés intensément, percevant son angoisse, il avait resserré son étreinte en lui souriant pour la réconforter. Elle avait cru lire dans ce regard magnifique ce qu'elle soupçonnait, mais dont elle ne serait jamais certaine. Ils s'étaient tellement éloignés ! Son mariage avait terni à jamais leur amitié.

Le bip de sa messagerie électronique la fit sursauter. Elle avait pris du retard à vagabonder ainsi, elle voulait à tout prix être à l'heure à l'aéroport. Son "horloge biologique" la rassura, elle avait largement le temps. Coleen veillait au repas. Elle hésita encore une fois malgré tout, puis ouvrit le message :

From : Flyboy@hotmail …. To : Ninja-girl@hotmail…
"Bonjour Ninja-girl, je suis dans l'avion pour Sydney. Je peux vous envoyer ce mail grâce à ma voisine de voyage qui me prête son ordinateur. Sa gentillesse permettra à mon message de vous joindre avant mon arrivée. J'espère que vous allez bien. J'ai des tas de choses à vous dire. Mais nous verrons çà plus tard…. Passez le bonjour à Brumby. A bientôt Sarah ! - Flyboy… ".

Elle relut le message à plusieurs reprises. Elle était touchée, il avait pris la peine d'envoyé ce mail… Et le "Sarah" de la fin, comme au téléphone, était inhabituel. Pourquoi maintenant ? A Washington, c'était toujours Mac, "Marine" ou Colonel se dit-elle.

Il avait des tas de choses à lui dire ? De quoi voulait-il parler ?... Qu'importe, ils allaient faire du bon travail, de çà elle était certaine. Elle appréhendait un peu le moment de leurs retrouvailles, heureusement ce serait au beau milieu de l'aéroport. Mais dès qu'ils seraient seuls, il faudrait éviter les pièges de la conversation, en particulier les sujets tels que son mariage qui, inévitablement, les mettraient en conflit.

Sans hésiter Mac expédia la réponse :

From : Ninja-girl@hotmail… To : Flyboy@hotmail
Hello Flyboy !.. Quelle surprise de recevoir votre mail ! Merci à votre voisine. Vous avez trouvé le moyen de séduire une fille de plus… J'ai prévu de vous prendre à l'aéroport et de vous consacrer le reste de ma journée. Nous serons seuls. Nous pourrons déjeuner sur la plage près de chez nous. Mais êtes-vous toujours aussi prude que lors de notre voyage, pour vous montrer en maillot de bain, même à une vieille amie… Enfin j'espère que cette journée vous conviendra. A bientôt Flyboy - Sarah

Au moment où elle terminait son envoi, Mic passa la tête dans l'entrebâillement de la porte :
- Tout va bien Chérie ? Tu as l'air songeur ?
- Non. Je vais partir au bureau prendre des papiers et voir ma messagerie. J'irai directement à l'aéroport. Je passe la journée avec Harm… Toujours d'accord, çà ne te dérange pas ?.
- Nous en avons déjà parlé Sarah Chérie, tu sais bien que non. Vous devez avoir plein de trucs à vous raconter. Je suis content pour toi. Nous nous verrons ce soir.
- Alors à ce soir, bonne journée et merci Mic, tu es adorable.

Elle embrassa son mari puis se dirigea vers sa voiture, après une ultime recommandation à Coleen concernant les fleurs qu'elle avait choisies pour décorer la chambre son ami. Elle ne douta pas un instant que celui-ci puisse décliner son offre d'hospitalité, pas plus que la journée qu'elle avait décidée de lui consacrer.












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Harm : Vous avez un homme qui vous aimera toujours.
Mac : Et vous avez une femme qui vous aime !


Dernière édition par Sylvie le Mar 7 Avr - 23:24 (2009); édité 2 fois 
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Posté le: Dim 16 Déc - 00:46 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Aéroport de Sydney, Australie - 6. 01.2005

Mac guettait le tableau des arrivées. A mesure que l'heure avançait, elle se sentait à la fois heureuse et inquiète. Aucun retard n'était prévu, encore quelques minutes à patienter et ils seraient réunis. Les passagers en provenance de Washington arrivèrent par la porte 7. Harm ne la vit pas tout de suite, dans cette foule. Mais avec son uniforme et ses 1m 90, il était facile à repérer.
- Vous êtes perdu Pilote ?

Il fit volte face. Cette voix reconnue entre toute, c'était Sarah, sa Sarah. Elle se jeta à son cou. Il la reçut contre lui et serra un peu plus fort qu'il ne l'aurait dû, ce corps souple dont il rêvait depuis des mois. Ses cheveux lui renvoyèrent le parfum qu'il connaissait si bien.… Ils restèrent ainsi enlacés quelques minutes, au beau milieu des voyageurs.

- Vous m'avez manqué Matelot. Je suis heureuse de vous voir. Vous avez fait bon voyage ?
- J'ai fait un excellent voyage, aux côtés d'une ravissante jeune fille, mais vous ne m'avez pas manqué du tout… dit-il en l'écartant de lui avec un sourire ironique.
- Comment ! Vous plaisantez j'espère ?
- J'en ai l'air ?… Mais oui, vous m'avez manqué. Mac !… Mes éternelles blagues de mauvais goût… les auriez-vous oubliées ?….. Je suis chargé d'une tonne de messages pour vous, l'Amiral, Bud, Harriett, Jennifer et Mattie… enfin tout le monde, quoi.
- C'est gentil Harmon !..
- Si vous êtes sage, j'ai même des cadeaux !….. Mais d'abord qu'est-ce que c'est que ce programme de touriste ? Votre mari est au courant ?
- Harm vous n'allez pas commencer… Bien sûr que Mic est au courant, c'est un homme …
- Oui !.. Je sais, vous me l'avez répété une bonne centaine de fois. Si vous êtes heureuse, c'est tout ce qui compte.
- Dans la mesure où l'on peut l'être, je le suis Harm. Vraiment.

Alors qu'elle lui parlait, il la dévorait des yeux. Mais il se tenait sur ses gardes, elle ne devait rien savoir de ses tourments. Elle venait de le lui confirmer, elle était heureuse…
- Très bien, pouvez-vous m'indiquer mon hôtel et m'y conduire ? J'ai besoin d'une bonne douche et de changer de vêtements. J'ai quitté Washington sous la neige…
- Vous ne dormez pas à l'hôtel Harm, mais dans notre maison. Mic et moi avons pensé que vous y seriez mieux. La chambre d'amis est prête à votre intention. Ce n'est pas un palace 5 étoiles, mais vous y serez très bien, au calme et avec vue sur l'océan. Et puis ce n'est pas la peine de discuter, Coates a annulé votre réservation à l'hôtel avec la bénédiction de l'Amiral !…
- Bon ! Si je comprends bien, je n'ai pas le choix. Alors après vous Colonel.

Harm était à la fois ravi et perplexe à l'idée d'habiter chez Brumby. Ce ne serait pas la première fois, que Mac et lui vivraient sous le même toit. Ils avaient souvent partagé une réelle intimité, ils avaient dormi dans les bras l'un de l'autre pour se protéger, dans des hôtels suspects, au hasard d'un campement de fortune, voire aux abords d'un champ de bataille. Mais les circonstances étaient différentes.

A bord d'un bâtiment de guerre, l'intimité est plus que relative. Tandis que dans la maison de Brumby, à deux pas de la chambre où Sarah dormait dans les bras d'un autre… Tout cela ne l'enchantait guère, mais elle avait l'air si contente !…

Il suivait Sarah vers la sortie pour rejoindre le parking, se faufilant dans la foule. Elle portait une robe jaune vif, assez décolletée pour faire ressortir le doré parfait de sa peau. Il avait oublié à quel point elle était belle !…

Arrivée à la voiture, Mac surprit son regard. Celui qu'il avait eu dans la roseraie de la Maison Blanche, lors de leur première rencontre… Elle sentit un frisson la parcourir, mais réussit à maîtriser son émotion.
- Dites-moi Pilote, après la douche que voulez-vous faire ?
- Je ne sais pas moi !.. C'est vous l'Australienne. Vous m'avez dit avoir organisé notre journée.
- Au fait, vous m'avez parlé de Mattie, mais comment va Renée ?

La question tomba comme la foudre. Harm avait jugé inutile de lui parler de sa rupture avec Renée. Cela ne changeait rien désormais à sa relation avec Sarah.

Durant son séjour aux USA, il était resté évasif sur sa vie privée. Mac le regardait, attendant d'un air interrogateur qu'il lui connaissait bien.
- Bien je suppose !… Renée et moi avons rompu depuis près d'un an. Ça n'allait plus depuis très longtemps déjà…. Je ne vous l'avais pas dit, pas plus qu'à personne d'autre, en fait… Pour ne pas avoir à répondre à des tas de questions.
- Harm !.. Vous auriez dû m'avertir ! Je suis votre amie !
- Je sais !… Mais vous aviez autre chose à faire qu'à écouter mes histoires de cœur. Sans oublier que nos échanges sont devenus plutôt rares ces derniers mois !…
- Vous avez raison sur ce point Harm, mais ce n'est pas une excuse !
- C'est bon, je suis désolé. Nous n'allons pas commencer à nous disputer. Mac ! (il lui sourit, il avait repris le vieux diminutif). C'est bien mieux ainsi, elle s'est mariée avec son croque-mort, ils ont renoué après la mort du père de Renée, et il l'a demandée en mariage !…
- Eh pas vous ! …
- Moi ?… Mais je n'ai jamais envisagé épouser Renée, voyons Mac !…
- Je sais, vous me l'aviez dit chez l'Amiral !… Mais vous auriez pu changer d'avis.
- Oh ça non… Elle n'aimait pas Mattie !.. Et puis, non vraiment, le mariage pour moi maintenant !..

Sarah sembla ne pas entendre cette dernière phrase. Ils prirent la direction de la maison des Brumby. Située à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport, au bord de la plage, de belle taille et assez cossue, telle était la maison où Mic avait amené son épouse. Harm dut admettre qu'il avait bien fait les choses et que sa tendre amie était confortablement installée.


Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 6.01.2005

Sa chambre avait été préparée avec soin, il put se rafraîchir dans la salle de bains attenante. Il lui avait donné ses cadeaux : un parfum français, des chocolats dont elle raffolait, un dessin de A.J. Jr, enfin une boite de cigares pour Mic.

Ils déjeunèrent sur la terrasse, plus fraîche. Le repas préparé par Coleen sur les conseils de Mac fut un régal.

Sarah s'était changée, elle portait une robe de plage à grandes fleurs orangées sur un maillot de bain assorti. En la rejoignant, Harm reçut son image en plein visage. Il aurait voulu la complimenter, tout naturellement, mais pas un mot ne put sortir de sa bouche.

- Si vous êtes prêt, nous pouvons allez nous baigner. dit Sarah en s'avançant vers lui, l'air amusé.
- Mac ! Vous savez que j'ai horreur de l'eau de mer.. J'ai eu mon compte… ils éclatèrent de rire.
- Oui Harm ! Je sais, mais vous pourrez vous reposer, vous détendre, le sable est si beau par ici.

Lui souriant à demi comme à son habitude, il attrapa le drap de bain qu'il avait pris dans la chambre et la suivit vers la plage. Le lieu était magnifique, une petite crique à l'eau turquoise et chaude et du sable fin presque blanc… S'il existe un paradis il doit ressembler à cet endroit !..se dit Harm.

Sarah avait déjà posé sa serviette. Elle enlevait sa robe quand lui revint à l'esprit le reproche qu'elle lui avait lancé à bord du ferry. Il se sentit rougir. Mais sa compagne toute occupée à sa tenue ne s'en aperçut pas.

Quand elle releva la tête, voyant qu'il la regardait, elle le taquina :
- Y a-t-il quelque chose qui vous gène dans ma tenue, Pilote ?
- Mac ! Arrêtez avec ça. Si non, je remonte me reposer chez vous..




- Harmon Rabb vous êtes si prude !
- J'ai déjà entendu cette phrase là, Mac.. Et pas très loin d'ici… Ne recommencez pas, s'il vous plaît… Vous êtes superbe…
- C'est gentil Harmon ! Ça prouve que je peux encore plaire dit-elle se haussant vers lui pour l'embrasser sur la joue.
- Vous êtes folle ! Bien sûr que vous pouvez encore plaire…. Ce n'est pas parce que vous êtes mariée et que vous vivez au bout du monde que vous n'êtes plus séduisante. Votre mari devrait vous le dire, rétorqua-t-il presque avec colère.

Elle ne répondit pas, le regard bleu virant au noir l'en dissuada. Elle se dirigea vers l'océan en dégrafant, d'un geste machinal, le haut de son maillot. Harm demeura figé. Elle était splendide !... Il découvrait ce corps musclé et pourtant si féminin.

Elle avait changé, ou était-ce ce maillot nettement plus seyant que l'uniforme ?… Durant leurs périples, elle portait des vêtements toujours très appropriés, en rien comparables. Sur cette plage paradisiaque elle était tout simplement divine !

Il ne pouvait en détacher son regard. Il avait désormais la certitude, qu'elle était l'unique femme capable de l'émouvoir ainsi, la seule dont il aurait pu partager la vie. Ce qu'il avait cru ressentir pour Diane, cette étrange double de Sarah, n'était qu'un amour d'adolescents. Quel gâchis !

L'appel de Sarah le tira de ses pensées :
- Harm ! Allez ! Venez vous baigner avec moi, l'eau est délicieuse… percevant son embarras, elle ajouta, pardonnez-moi mais ici on se baigne ainsi, ça ne vous choque pas au moins ?
- Mac !
- Allez venez !…

Il se jeta à l'eau, retrouvant ainsi une certaine maîtrise de soi, et la rattrapa. Ils nagèrent et chahutèrent dans l'eau comme deux gamins. Quand ils retournèrent s'allonger sur le sable, ils n'en pouvaient plus. Depuis combien de temps n'avaient-ils pas profité de tels instants, d'une pareille insouciance ? Ils s'étaient amusés comme des enfants.

S'allongeant sur sa serviette, Sarah, attrapa un tube de crème solaire et s'en passa sur le visage et le corps avec soin :
- Harm, pouvez vous me mettre de la crème sur le dos, s'il vous plaît ?
- Bien sûr, attendez, il s'agenouilla près d'elle. Passez-moi votre produit miracle, Marine.

Il commença à étaler le produit sur les épaules, le dos de Sarah. Le contact de sa peau eut sur lui l'effet d'une décharge élctrique. Il laissa sa main descendre jusqu'au creux des reins, découvrant le tatouage, dont qu'il connaissait l'existence depuis longtemps.

Mac frémit sous la caresse et laissa échapper un petit cri. Harm se pencha et déposa un baiser léger sur le dessin. A peine avait-il eu le temps de se redresser que Sarah s'était retournée. Elle prit son visage entre ses mains et s'approchant doucement, déposa un baiser sur sa bouche…. Leurs lèvres s'unirent, leurs mains, leurs bras, leurs corps pour ne plus faire qu'un…

Harm reprit pied le premier. Etait-ce bien Sarah cette femme blottie dans ses bras ?
- Je suis désolé.. Je ne sais pas ce qui m'a pris…
- Chut ! Je suis aussi responsable que vous Harm… Comme sous la véranda de l'Amiral, c'est un accident, n'en parlons plus.

Elle voulut se redresser, il attrapa son poignet, y déposa un baiser et l'obligea à se rasseoir près de lui, alors qu'elle allait parler, il mit un doigt sur sa bouche :
- Non Mac, ce n'était pas un accident !… Il la regardait si intensément, qu'elle eut presque peur.
- Harm ! Que voulez-vous dire ?… Répondez-moi ?
- Voilà des années que je vous désire.. Neuf ans pour être exact !.. Je n'ai jamais été capable de vous le dire. Il y avait le travail, nos vies différentes, et comme un imbécile, j'ai toujours pensé que nous avions le temps ! Il a fallu votre mariage pour que je comprenne ce que vous étiez réellement pour moi….
- Harm !
- Non, laissez-moi finir. Je n'en peux plus de me taire... Je rêve de vous quatre nuits sur cinq, je vous vois partout.. Je ne sais plus où j'en suis Sarah…. J'ai toujours refusé de me laisser approcher, c'est ma faute.. Aujourd'hui, j'en paie le prix !… Il marqua un temps d'arrêt et ajouta : vous savez maintenant, je regrette de n'avoir pu vous éviter cela !... Si vous le souhaitez, je m'installerai à l'hôtel et l'affaire terminée, vous n'entendrez plus jamais parler de moi.

Sarah resta muette. En quelques minutes, il venait de révéler ce qu'elle attendait depuis des années. Harm n'avait jamais su se confier. Les femmes ayant partagé sa vie s'en étaient plaintes auprès d'elle…

Alors pourquoi maintenant ?.. S'il en avait dit la moitié, même au matin de son mariage, elle aurait tout laissé pour le suivre… Quand elle leva les yeux vers lui, elle le vit, attendant, sa réaction devant l'aveu qu'il venait de faire. Lui essuyant doucement la joue, elle répondit :
- Nous ferions mieux de rentrer !…

Ils regagnèrent la maison en silence, évitant de se regarder. Quand ils franchirent le seuil de la maison Mic les attendaient un verre à la main ! Il ne remarqua rien. Ils avaient eu l'un et l'autre, le temps de se ressaisir.
- Bienvenue à la maison Harm. Comment ça va mon vieux ?
- Très bien Mic, vous m'avez l'air en pleine forme vous aussi… Merci de votre accueil, j'aurais pu loger à l'hôtel..
- Vous plaisantez j'espère, et l'hospitalité australienne alors ! Surtout avec le meilleur ami de Sarah !
- Vous n'étiez pas obligés…. Toutes mes félicitations, vous êtes très bien installés.
- Merci du compliment. Mais rien n'est trop beau pour ma femme. Je n'allais pas lui faire abandonner la capitale des Etats Unis pour une cabane au bord de la mer.. N'est-ce pas ma chérie ?

Mac sourit sans répondre, puis passant subitement à autre chose, déclara :
- Je vous ai préparé des lasagnes végétariennes avec des légumes typiquement australiens.
- Ah ! Vous cuisinez maintenant ?
- Bon, je vais être honnête… J'ai téléphoné à votre mère pour avoir la recette et lui présenter mes vœux de bonne année par la même occasion.
- Vous n'avez pas perdu de temps… J'ai su avant-hier que je devais venir…
- Oui Pilote, mais j'avais deux jours d'avance.

Brumby écoutait sans mot dire, le dialogue entre ces deux êtres séparés depuis des mois qui, tout naturellement, reprenaient leurs chamailleries légendaires. Il se sentit étranger au milieu d'eux, et sa rancœur s'accrut à l'égard du Capitaine.

Ce type serait toujours dans ses pattes. Comment faisait-il pour ne pas changer ? A 40 ans passés, il traînait encore cet air d'éternel adolescent, à part une légère ride sur le front, pas une once de graisse, pas un cheveu gris !

Pourtant il continuait de voler aux commandes de Tomcat, y compris au combat. Etre catapulté et apponter sur un porte-avions des heures durant, de nuit comme de jour, ne constituait pourtant pas un métier de tout repos ! Sans parler des accidents…

Brillant Avocat et terreur des prétoires, ses exploits de pilotes faisaient le tour de toutes les marines du globe. L'épisode du C130 transportant des réfugiés, qu'il avait posé en catastrophe sur un porte-avions, avait fait la une des chaînes de TV et des journaux du monde entier. Sa vareuse comptait déjà plus de décorations que bien des Officiers Supérieurs de sa génération. Il venait d'être promu. A ce rythme, il prendrait tôt au tard le fauteuil que Chegwidden venait de quitter. Il haït Harm de toutes ses forces.

Mais lui, avait Sarah, par quelle chance ? Mieux ne valait pas y penser. C'était près de lui qu'elle avait trouvé refuge et qu'elle s'endormait le soir. Pour combien de temps ? Il se posait la question parfois, sachant ce qu'elle avait laissé derrière elle. Mais son ego quelque peu démesuré, et un solide bon sens paysan, le rassuraient, convaincu qu'il était de sa capacité à lui tenir lieu de tout.

Ses yeux se portèrent sur son épouse. Il s'aperçut qu'elle et Harm avaient cessé de parler et que, tournés vers lui, ils attendaient la réponse à une question qu'il n'avait pas entendue.
- Pardon ma Chérie, tu disais ?
- Ça ne va pas Mic, tu as des soucis ?
- Non, ma Chérie, rien de grave, je pensais à cette affaire dont je t'ai parlé hier et qui nous donne du tracas.. Excusez-moi tous les deux ! …
- Ce n'est rien Brumby… Nous sommes tous passés par-là, répondit Harm avec une moue significative.
- Si nous passions à table, dit Sarah. Je pense qu'Harm voudra se coucher tôt. Demain nous avons rendez-vous à l'hôpital avec nos clients ensuite nous devons aller sur le lieu du crash, et à la base.
- Très bien, passons à table et gouttons à ce que tu as mijoté.

Mac avait scrupuleusement suivi les conseils de Trich, les lasagnes étaient parfaites. Harm nota que sa mère n'avait fait aucune allusion à sa conversation avec Sarah. Etait-ce une exception ou bien les deux femmes communiquaient-elles régulièrement sans lui dire ?

Quant à Mic, il se montra toujours égal à lui-même ! Qu'avait-elle bien pu lui trouver pour l'épouser et tout abandonner, principalement sa carrière ? Certes elle était rattachée au JAG comme déléguée du programme de coopération, mais elle stagnerait au grade de Lieutenant Colonel ! Alors qu'elle pouvait aspirer à tellement mieux .

Une fois dans sa chambre, il s'écroula sur son lit, sans prendre la peine d'ouvrir les draps....


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Harm : Vous avez un homme qui vous aimera toujours.
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Posté le: Dim 16 Déc - 00:47 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 13.01.2005

Les deux amis avaient très vite retrouvé leur complicité, leur efficacité. Ils avaient mener l'affaire avec leur compétence habituelle, aidés à distance par l'Amiral, et par Bud toujours prêt à les épauler. Ils avaient apporté la preuve que le Capitaine Karlsen et son RIO étaient incontestablement hors de cause dans l'accident de leur Tomcat. Les paramètres de vol récupérés sur les lieux du crash, et l'enquête diligentée, révélaient des problèmes dans le réacteur droit et l'alimentation en carburent.

Restait à régler le dédommagement du fermier sur les bâtiments duquel s'était écrasé l'avion ce qui ne relevait pas de la compétence du JAG.

Harm en accord avec l'Amiral, restait à Sydney pour le week-end. En rentrant ce soir là, Mac et lui n'avaient pas échangé un mot. Le compte à rebours de la séparation avait commencé. Trois jours !… Et ce serait de nouveau la séparation. Ils appréhendaient ce moment, sachant que le dossier qu'ils venaient d'instruire était d'une rare exception. Beaucoup de temps passerait avant qu'ils ne se revoient.

Mic était chez lui lorsqu'ils arrivèrent. Harm n'était pas d'humeur à écouter ses histoires de pub qui n'amusaient que lui. Le repas terminé, il se retira dans sa chambre, sous prétextes de notes à vérifier, laissant le couple en tête à tête.

Il voulait prendre des nouvelles de Mattie et lui annoncer son retour. un rapide appel téléphonique le rassura, tout allait pour le mieux à Washington, restait à se mettre à la recherche des cadeaux à rapporter.


Appartement de Jennifer et Mattie
Washington - 13.01.2005

- Mattie, je crois que tu te fais du souci pour rien, Harm à l'air en pleine forme et visiblement content de rentrer !
- Oui ! Et c'est plutôt ce qui m'inquiète ! Il est doué pour jouer la comédie. Je sais qu'il aime Mac, j'ai réussi à lui faire avouer un soir !.. Et ne me dis surtout pas qu'il a changé d'avis… Pourquoi n'a-t-il personne dans sa vie ? Il est beau, intelligent. En plus l'uniforme… Toutes les femmes se retournent sur lui, les jeunes comme les vieilles, il ne les voit même pas !
- Tu as sans doute raison. Mais avec Renée ça s'est mal terminé, il veut peut-être prendre du recul, ton accident lui a donné d'autres soucis !…
- Je sais ! Mais je voudrais qu'il soit heureux et je pense que ça n'arrivera pas, à cause de Mac…

Jennifer n'ajouta rien mais demeura perplexe. Ainsi la légendaire histoire d'Harmon et Mac dont les anciens du JAG se faisaient l'écho, était bien réelle. A les côtoyer tous les deux durant quelques mois, elle les avaient très souvent vus ensemble, mais n'avait rien remarqué à part une indéfectible amitié.

Elle songea à la réception de l'Amiral, leur joie mutuelle de se retrouver crevait les yeux, de plus il formait un couple magnifique. Avec le recul, leur comportement prenait un autre aspect. Elle resta muette sur le sujet pour ne pas aggraver les soupçons de son amie.


Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 13.01.2005

Il était déjà tard, mais le sommeil fuyait Harm, une fois de plus. Comme la veille il prit sa guitare et redescendit sur la terrasse. Mic et Sarah avaient dû se retirer dans leur chambre. Sans faire de bruit il s'éloigna vers la plage, assez loin pour ne pas gêner ses hôtes.

S'asseyant sur un rocher il commença à jouer en fredonnant une de ces balades qu'il affectionnait tout particulièrement quand il avait le cafard. Le vent avait tourné et le ciel avait perdu de sa limpidité, des nuages encore légers s'amoncelaient au loin.

Il n'entendit pas Sarah arriver derrière lui.
- Harm ?
- Mac !.. Pardonnez-moi je vous ai réveillée ?
- Non pas du tout Harm, je ne dormais pas.
- Vous, ça ne va pas ! Qu'est-ce qu'il y a ? Dites ! Il lâcha la guitare et passa son bras autour des épaules de la jeune femme. Il la sentit frissonner, et se méprenant sur la raison, lui mit le pull qu'il avait pris en sortant.
- Merci, il fait frais ce soir... J'ai pensé en vous entendant, que vous aviez un petit coup de blues.
- N'essayez pas de changer de sujet Mac, je vous connais assez pour savoir quand vous avez des ennuis. Quelque chose vous tourmente je le vois.
- …. C'est Mic !
- Qu'est-ce qu'il a encore fait ?
- Il vient de partir !
- Comment ?… A cette heure !… Il est minuit !
- Oui, il est parti… pour cette affaire dont il a parlé à plusieurs reprises.
- Et bien alors, où est le problème ?… Quand rentre-t-il ?…
Elle hésita un instant avant de lâcher d'un seul trait :
- Quand je pourrais lui jurer que je ne vous reverrais jamais plus !… Un sanglot brisa sa voix, Harm l'amena doucement contre lui et la serra dans ses bras.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? S'il ne voulait pas me voir, pourquoi m'inviter chez vous ? Sarah ! Calmez-vous et racontez-moi exactement ce qui s'est passé. Il est hors de question que je reparte à Washington en vous laissant dans cet état !..
- Il ne supporte pas ce qu'il y a entre nous, c'est toujours la même chose !
- Oui en effet, mais que puis-je faire Mac ? Je me sens coupable vis à vis de vous !
- Harm ! Ce qu'il exige de moi est inacceptable, vous le savez bien ! Il y a tant entre nous, ce n'est pas nouveau ! Il le sait depuis toujours… Et puis, je vous ai promis, rappelez-vous !
- Mac ! Rappelez-vous aussi que Mic vous a déjà fait le coup le jour où je suis sorti de l'hôpital après le crash. Et il est revenu, puisque vous êtes mariés !...

C'était le comble du grotesque, il essayait de trouver des excuses à ce type ! Mais le bonheur de Sarah primait avant tout.
- Mac ! Vous aimez Mic ?…
- Harm ! nous en avons déjà parlé cent fois…
- Oui, mais je n'ai pas eu de réponse à ma question !
- Vous n'avez pas le droit de me demander ça…. Je vous en prie Harm !
- Si j'en ai le droit, et vous le savez… Je peux accepter de perdre la femme que j'aime, c'est en partie ma faute, mais à condition qu'elle soit heureuse… Jamais vous ne m'avez dit : "Oui Harm, je me marie parce que j'aime Mic"… Jamais… Pardonnez ma brutalité, mais c'est plus fort que moi.

Blottie contre son ami, elle se calma peu à peu, mais ne savait que répondre. C'était vrai. Elle n'avait jamais pu lui donner une telle affirmation. Et ce soir encore moins. Son altercation avec Mic, avait été courte, mais aussi violente qu'inattendue. Depuis leur mariage, leur entente avait été sereine. Il leur était arrivé d'avoir des désaccords, mais pas sous cet aspect coléreux, agressif… Son mari lui avait apporté durant deux ans, tout ce qu'une femme est en droit d'attendre.

Malgré son amour pour Harm, elle l'avait épousé, après qu'il l'eut demandée en mariage pour la seconde fois. Elle avait espéré trouver l'oubli de ce rêve impossible, et fonder une famille. Harm avait Renée et Mattie dans sa vie, il n'y avait plus de place pour elle !.. Leur longue conversation sous la véranda de l'Amiral lui revint en mémoire…

Ce soir là, Harm lui avait reproché sa précipitation à se jeter dans ce mariage, il avait argumenté pied à pied sur l'obligation de s'éloigner de ses amis, de Chloé, pour aller vivre dans un pays qui n'était pas le sien.

Seuls un long moment, ils avaient évoqué leurs souvenirs, oubliant la raison de la fête qui se déroulait, les invités. Quand ils avaient dû rejoindre la réception, il lui avait avoué qu'il l'aimerait toujours. Ils avaient échangé un long baiser… Ils s'étaient séparés bouleversés !

Avait-elle pris toute la mesure de cet aveu ? Elle n'en était plus sûre à présent, il avait réitéré ses propos quelques jours auparavant. Serrée au creux de ses bras elle se réchauffait doucement. Elle était glacée quand elle l'avait rejoint après cette scène dont les conséquences seraient lourdes quelle qu'en soit l'issue. Une fois encore, c'était lui qui la protégeait !…

Harm chercha son regard afin d'y lire la réponse aux angoisses qui l'étreignaient. Jamais il n'oublierait ses yeux éperdus… Même s'il ne devait plus la revoir. Il se rappela tout à coup la phrase de Webb "les yeux sont le miroir de l'âme, c'est par eux que transparaissent toutes les émotions que l'on ressent". Dans ceux de Mac il découvrait l'amour, mais aussi, la crainte, la détresse et les regrets !… Jamais, il ne lui avait vu cet air de bête traquée.

La fraîcheur montait de l'océan. Il la sentit de nouveau frissonner. Ils remontèrent vers la maison, et rentrèrent dans le salon où ils s'installèrent dans le grand canapé. Quand Sarah fut calmée, Harm lui fit du thé qu'elle avala d'un trait avant de s'endormir dans ses bras. Ils demeurèrent ainsi jusqu'au matin.


Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 14.01.2005

Harm avait peu dormi. Il savait à quoi s'en tenir sur le couple de Mac. Il quitterait l'Australie le lendemain. Il reviendrait si nécessaire. Il s'ouvrirait du problème à l'Amiral, sans entrer dans les détails bien sûr, Chegwidden appréciait beaucoup Mac.

Si d'aventure les choses tournaient mal, et qu'elle rentre aux U.S.A. l'Amiral lui viendrait en aide. Restait à annoncer son départ à Sarah. Quant elle s'éveilla, il devina qu'elle aussi avait réfléchi à son avenir.
- Bien dormi Pilote !
- Et vous ? répondit-il en lui caressant la joue.

La comédie bien rodée recommençait. Il lui annonça sa décision d'écourter son séjour, afin de ne pas aggraver ses relations avec son mari. Elle acquiesça sans rien dire..

Durant ce dernier jour, ils rendirent visite au Capitaine Karlsen. Liza se trouvait à ses côtés, heureuse à l'idée de repartir avec son père. Du bureau de Mac, ils expédièrent les pièces nécessaires à la clôture de l'affaire. Harm emporterait lui-même les documents officiels.

Ces formalités accomplies, ils firent une promenade en bateau, achetèrent des cadeaux, en visitant Sydney. L'idée d'un tête à tête les effrayait, ils craignaient leurs propres réactions s'ils se retrouvaient seuls.

Ils dînèrent dans une auberge en bord de mer. Sur le chemin du retour, Sarah ne put retenir ses larmes. Arrivés à la maison, leurs pas les menèrent instinctivement vers la plage. Main dans la main, ils profitèrent une fois encore du somptueux paysage offert à leurs yeux.

Ils ne résistèrent pas à la tentation de s'embrasser encore et encore !… Ils restèrent enlacés un moment, seuls dans ce décor de rêve. Puis ils reprirent le chemin de la maison. A peine rentrés, ils regagnèrent l'étage.

Devant la porte d'Harm, Sarah s'accrocha à son cou :
- Harm, je ne veux pas rester seule cette nuit. Si nous ne devons plus nous revoir, je ne veux pas que l'on se quitte sans que….
- Sans quoi ?… Sarah, sans quoi ? .. Dis-moi ? pour la première fois il la tutoyait
- Sans que nous… elle leva vers lui un regard où il lut la réponse…
- Te rends-tu compte ?… Tu le veux vraiment ?… Chérie..

Il la prit dans ses bras, et la soulevant de terre, entra dans la chambre en refermant la porte sur eux. Seuls au monde pour quelques heures, la nuit leur appartenait pour aborder enfin aux rivages qu'ils s'étaient si longtemps refusé d'approcher.


Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 15. 01. 2005

Harm préparait le petit déjeuner. Sarah dormait encore. Une solide collation leur ferait le plus grand bien. Il avait passé une nuit blanche, elle s'était endormie au petit jour, épuisée. Malgré le désir qui le tenaillait, il n'avait pas eu le cœur à l'éveiller.

Ils avaient fait l'amour comme des naufragés craignant voir arriver leur dernière heure. Puis il avaient découverts, émerveillés, qu'ils n'étaient pas simplement attirés l'un par l'autre. Ils étaient faits l'un pour l'autre, l'union parfaite de leurs deux corps, dans les gestes venus du fond des âges, en avait été la preuve. Ils avaient oublié tout ce qui n'était pas eux, buvant ensemble ces moments merveilleux qui resteraient à jamais gravés dans leur cœur et dans leur corps.

Harm approchait de l'escalier, quand Mac apparut au bas des marches. Elle lui sourit et se cala contre sa poitrine après avoir repoussé le plateau qu'il avait failli laisser choir…
- Bonjour Pilote ! dit-elle nichée dans le creux de son cou
- Bonjour Marine ! Est-ce une erreur ou bien m'avez vous donné un autre nom cette nuit ?

Pour toute réponse Mac tendit ses lèvres vers Harm qui les prit tendrement. Il la garda serrée contre lui, il savait qu'en la laissant s'écarter, il amorcerait cette séparation tant redoutée, mais inéluctable. La réalité reprenait le dessus.

Dans quelques heures il partirait. Ils prirent leur petit déjeuner sur la terrasse, la présence de Coleen les obligeait à garder leurs distances.

Harm souhaitait qu'ils se disent adieu chez Brumby. Il voulait éviter à Sarah, une séparation à l'aéroport. Ils étaient assis dans le jardin, attendant l'heure du départ. Harm insista pour appeler un taxi. Mac refusa catégoriquement :
- Il n'y a aucune raison pour que je ne t'accompagne pas ! Non, Harm ! Je t'ai vu t'envoler dans des circonstances bien plus dangereuses. Souviens-toi, et je suis restée debout, sur le pont… Je ferai comme d'habitude, je serrerai les dents…
- Pardon ! Tu avais peur quand je partais en opération ?… Il l'attira contre lui.
- Oh oui ! J'éprouvais de la terreur mêlée de griserie… J'ai fini par aimer cette ambiance à la longue, dit-elle en souriant. Tu étais tellement heureux sur ces porte-avions, dès que l'hélico appontait tu n'étais plus le même. Je crois que… c'était une sorte de contagion… Et puis j'étais tellement fière de toi…
- Alors pourquoi avoir peur ?
- Seigneur ! Tu es inconscient !… A chaque fois que tu es monté à bord d'un F14, tu as failli rentrer en vrac, voire pas du tout !… Heureusement, personne n'a jamais découvert mes angoisses…
- C'est vrai… J'ai eu des retours parfois mouvementés, mais, dans ces moments-là, sur la passerelle, ils étaient très occupés !… Moi-même, je n'y ai rien vu, je t'assure… Du moins, quand j'étais en état de le faire… Il riait, il est à gifler pensa-t-elle
- Te souviens-tu à bord du Seahawk, avec le Commandant Johnson ?… Non seulement, tu es rentré avec un seul réacteur et sans carburent,… Mais c'est moi qui avait décidé de poursuivre l'engagement… J'ai cru devenir folle…
- Mais tout c'est bien terminé, sans une égratignure… Et j'ai aidé le pilote dont le Tomcat avait une avarie...
- Et si tu n'étais pas rentré ? Tu imagines ce que j'aurais ressenti ?…
- Sarah !… Il la serra plus fort et son rire la gagna. Quelques minutes après Harm reprit : Aujourd'hui c'est différent, ma Chérie, je vais emprunter un avion de ligne, ce qui est moins dangereux, et nous ne repartons pas ensemble !…. Qui sait quand nous nous reverrons ?
- Harm !… Je ne céderai pas. Nous nous sommes promis de toujours être là, l'un pour l'autre. Et même si je t'ai fait cette promesse sous la véranda de l'Amiral, elle était aussi solennelle que… elle s'arrêta net, incapable de poursuivre.
- Que veux-tu dire ?… Sarah ? … Que celle faite à Brumby le jour de votre mariage ?…
- Harm ! Pour moi c'est aussi important…. Il n'a pas le droit de changé la donne maintenant... C'est trahir ma confiance… Tu ne peux pas comprendre….
- Si je comprends. Pourquoi suis-je célibataire ? Et pourquoi ça n'a pas marché avec Renée, Jordan, ou même Annie… Je le sais maintenant. Elles avaient compris bien avant moi, que tu étais omniprésente dans ma vie, tout comme ma mère qui me parle de toi régulièrement. Tout cela est ma faute, si j'avais été moins préoccupé de moi-même, plus lucide, nous n'en serions pas là !…
- Je ne t'ai pas facilité la tâche, soyons justes. Ma vie a été un séisme permanent. Il y a eu Dalton, Mic, puis Clayton…
- C'est vrai, et tu t'es éloignée de moi à cette époque !… Tu étais devenue distante, presque agressive, je me rappelle le Paraguay !… Et la mort de cette ordure de Sadik !.
- Harm ! Quand j'y pense… Tu as risqué ta vie et ta carrière pour moi, je serais certainement morte sans ton arrivée ! Et j'ai été odieuse !…C'est toi qui as supporté le contrecoup de cette ignoble affaire… Il m'arrive d'en rêver parfois ! Tu m'en as voulu, n'est-ce pas ?
- Hum ! Un peu… Mais tu traversais une terrible épreuve !.. Tu étais malheureuse...
- Mic est venu, tu sortais avec Renée. J'ai cru être amoureuse pour de bon. Et finalement … Elle laissa sa phrase en suspens, pour ajouter …Tu vois, tu n'es pas le seul responsable, j'y ai largement ma part.

La tenant toujours contre lui, Harm avait pris sa main, dans la sienne. Il l'amena à hauteur de ses lèvres et l'embrassa longuement.
- Il va être l'heure Sarah ! je dois partir…
- Alors Allons-y
- Tu es sûre ?
- Oui Harm ! Aussi sûre que possible et certaine que nous nous reverrons bientôt.

A mesure qu'ils roulaient Mac sentait monter en elle une incontrôlable envie de pleurer. Elle avait posé sa tête sur l'épaule de Harm qui conduisait la voiture. A l'entrée de l'aéroport, elle ne put retenir ses larmes.

Ils restèrent ensemble, se tenant par la main, jusqu'au contrôle… Ils échangèrent un dernier baiser. Alors qu'il allait franchir la porte de la salle d'embarquement, il revit l'espace d'une seconde, Sarah rayonnante aux côtés de Brumby, des années au paravent, et se souvint de l'Amiral lui conseillant de ne pas se retourner.

Il revint sur ses pas, enlaça de nouveau Sarah, puis repartit en la regardant une dernière fois. Il s'efforça de plaquer sur son visage ce sourire ravageur auquel une fois de plus elle ne résista pas. A son tour, Sarah leva la main en un geste d'adieu et réussit à lui sourire.

Une fois dans l'avion qui le ramenait vers les Etats Unis, il s'effondra de fatigue et de chagrin. Il emportait l'image de la femme qu'il aimait, merveilleusement belle dans cette robe de lin blanc et noir agrémentée d'une écharpe de soie rouge, qu'il lui avait offerte.

Contrairement à Sarah, il n'était pas certain de la revoir un jour.










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Posté le: Dim 16 Déc - 00:53 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Sydney - Australie 15.01 2005

  Le colonel s'était réfugiée dans sa voiture dès la fin de l'embarquement. Elle était restée au parking de l'aéroport, afin de se ressaisir. Elle devait se recomposer un visage avant de rejoindre le Consulat. Là, elle s'occuperait l'esprit, pour essayer d'oublier tout ce qui se rapportait à Harm !... Il n'y avait fait que de courts passages, elle ressentirait moins son absence, elle rencontrerait des visages amis. Il serait toujours temps de retrouver la maison où un long dimanche de solitude l'attendait.

En toute fin d'après-midi elle se résigna à rentrer chez elle. Sur la console de l'entrée, un petit mot de Coleen, lui indiquait qu'elle avait dû partir précipitamment et qu'elle ne serait pas de retour avant le lendemain. Faisant le tour de la maison, Sarah constata qu'en effet, Coleen avait quitté les lieux peu de temps après eux. La dernière tasse de café prise avec Harm était encore sur le plateau.

Elle était lasse, après deux nuits quasi sans sommeil. Le film des dix derniers jours tournait dans sa tête. L'enquête les avait réunis, leur démontrant leur capacité à retrouver leurs habitudes de travail, leur complicité, cette faculté de se comprendre d'un simple regard et bien plus encore : le bonheur d'être ensemble, dont ils n'avaient jamais mesuré l'importance quand ils se voyaient chaque jour.

Tout ce qui constituait leur force, demeurait bel et bien intact, malgré les vingt mois de séparation. Le Commissaire de Police Australien en charge de l'accident, l'avait appris à ses dépens.

Elle sourit en y repensant. Son arrivée accompagnée du Capitaine à l'uniforme blanc bardé de décorations, n'était pas passée inaperçue. Elle avait alors ressenti une telle fierté ! Elle était également en uniforme, elle aussi arborait une vareuse impressionnante, surtout pour une femme.

Sa première rencontre avec le policier n'avait pas été des plus courtoises, il l'avait prise de haut. Par la suite, le ton avait diamétralement changé, il s'était montré beaucoup plus coopératif !

Sans un regard pour le jardin et la plage, elle emprunta l'escalier, et se dirigea vers la chambre qu'avait occupée son ami. Rien n'avait bougé depuis le matin, comme s'il allait revenir, seuls manquaient les objets personnels éparpillés çà et là durant son séjour, sa guitare, ses casquettes… Dans la salle de bain, son parfum flottait encore. Elle se souvenait l'avoir remarqué en Décembre. C'est nouveau, mais ça lui convient parfaitement, avait-elle alors conclu.

La serviette de bain était restée accrochée. Sur la console du lavabo, un flacon signé d'un grand couturier français attendait, oublié. En un éclair elle se revit à Washington, quelques jours avant son dernier Noël là-bas, dans cette boutique luxueuse où elle avait choisi cette eau de toilette pour lui, connaissant son goût du changement en ce domaine. Et pourtant deux ans après, il l'utilisait encore. Se raccrochait-il ainsi à ce qui lui rappelait sa présence ?... Cette idée la bouleversa… Elle s'assit sur le lit tenant encore le vaporisateur et s'écroula secouée par les sanglots trop longtemps refoulés.

Elle s'apaisa peu à peu. Selon toute vraisemblance Harm ne l'appellerait pas avant plusieurs heures. L'idée de cette attente lui parut insupportable. Elle ressentit un vide immense, ses pensées la ramenèrent dans son ancien bureau, dans cette ambiance toujours un peu survoltée qui régnait au JAG.

Elle éprouva le besoin de parler à l'Amiral. Il serait peut-être encore à son poste.
- Chegwidden !
- Bonjour Amiral, c'est Sarah MacKenzie...
- Colonel ! comment allez-vous ? Quel plaisir de vous entendre..


- Pour moi aussi Monsieur… Je ne vous dérange pas ?
- Non, bien au contraire, je devais vous appeler!.. Vous avez fait du bon travail… Le Secrétaire d'Etat m'a déjà fait savoir que dans les hautes sphères, on était soulagé de la tournure prise par les événements…. C'est merveilleux, n'est-ce pas ?
- J'en suis très heureuse Monsieur !
- Rabb est avec vous ?
- Non Amiral !… Elle sentit sa gorge se nouer. Il est en vol vers Washington, il arrivera en fin de matinée pour vous !….
- Mais ne devait-il pas rester à Sydney pour le week-end ?
- Euh, Oui… Mais il a préféré rentrer… Nous avions terminé et puis, pour Mattie.... Un sanglot brisa sa voix… Veuillez m'excuser Monsieur… Mais, de m'être retrouvée un moment dans l'ambiance du JAG, même de si loin, m'a rappelé tout ce que j'ai abandonné… C'est ridicule, n'est-ce pas ?
- Non Mac !.. Je comprends très bien ! Cet endroit est attachant, la preuve, je suis à la retraite depuis trois semaines et voyez, je suis encore à la barre !… conclut-il en riant
- Vous avez raison Amiral, je vous remercie de m'avoir remonté le moral. Vos paroles m'ont été d'un grand réconfort, l'impression de faire toujours partie de la maison !…
- Mais c'est le cas Colonel, prenez bien soin de vous et si le cœur vous en dit, je suis toujours là !

Elle regretta de n'avoir pu garder son sang froid. L'Amiral lui avait cependant mis du baume au cœur. C'était un homme compréhensif, ses apparences rudes cachaient une grande sensibilité. Elle savait, pensa-t-elle en souriant, qu'elle avait été un de ses officiers préférés, avec Harm bien sûr, celui-là, même s'il ne le montrait pas, était le fils selon son cœur !…

Elle jeta machinalement un coup d'œil à sa messagerie électronique, aucun signe de Mic ! Pas un appel, pas un mail ! Que faisait-il, jamais, il ne s'était conduit de la sorte… Il lui arrivait de s'absenter pour le cabinet, mais pas en fin de semaine ou alors elle l'accompagnait.


Bureau de l'Amiral - Q.G. du JAG
Falls Church - 15.01.2005

Calé dans son fauteuil, les lunettes sur le bout du nez et les mains jointes sous le menton, l'Amiral se remémorait son entretien avec le Colonel. Que s'était-il donc passé durant le séjour de Rabb en Australie ? Qu'arrivait-il à Mac ? Il avait senti un profond désarroi dans sa voix...

Elle n'était pas le genre de femme à pleurnicher pour une broutille. Il fallait quelque chose de grave ! Ces deux-là parviendraient-ils un jour, à régler leur problème relationnel ? Ils étaient fous amoureux l'un de l'autre, et les seuls à ne pas le savoir !

Quelle idiotie il avait faite en accédant aux requêtes du Secrétaire d'Etat et de Mac elle même. Boone avait raison, envoyer Harm en Australie était une aberration ! Il sonna le bureau de Coates sans résultat. Il avait oublié qu'elle était de repos !
- Capitaine Roberts !
- Oui Amiral !
- Avez-vous des nouvelles de Rabb ?
- Pas depuis qu'il m'a faxé les derniers documents que je vous ai remis Amiral.
- Il n'a pas prévenu de son retour ?
- Pas à ma connaissance. Il y a un problème Monsieur ? Je peux essayer de joindre le Colonel, si vous voulez….
- Non, non, merci Capitaine, ça va aller… Tournant les talons, il ajouta à l'intention de Bud,
- Mais dès que Harm arrive, dites-lui que je veux le voir ! Il rentra dans son bureau sans avoir entendu le "A vos ordres Amiral" du Capitaine.


Entre temps, dans l'avion vers les USA - 15.01.2005

La présence du Capitaine suscitait immanquablement l'intérêt quand il entrait quelque part. Une silhouette d'athlète en rien altérée par la quarantaine, un physique digne d'Hollywood, un regard et sourire dévastateurs, il menait sa vie d'une allure faussement nonchalante et arborait souvent un air moqueur, nullement révélateur de sa personnalité.

Les femmes étaient en admiration, les hommes le jalousaient, sauf quand il portait son uniforme. Là, les galons et la collection de décorations accrochées à sa vareuse, ne laissaient aucun doute sur le chemin parcouru. Ces médailles ne s'obtenaient dans un quelconque service du Pentagone ! Quant aux ailes d'or, elles attestaient de son statut de pilote…

Le Capitaine ne remarqua pas plus que de coutume l'effet produit sur les passagers. Il était allé rafraîchir son rasage et enfiler son uniforme bleu, mieux adapté à la température nord-américaine que la tenue civile de lin avec laquelle il avait quitté l'Australie.

Il avait mal au dos, dans le cou. Voyager sur un aussi long trajet, en mesurant plus de 1m 80, relevait de l'épreuve de force, même en première classe !.. Il se prit de nostalgie pour le confort spartiate de ses avions de chasse.

Il voulait appeler Sarah pour la rassurer et tester l'état de son moral, tant que la batterie de son portable le lui permettrait :
- Allô ! Sarah ?
- Harm ! Je ne t'entends pas bien !… Est-ce que ça va ?
- Je suis dans l'avion.. Nous arrivons dans 30 mn environ. Le voyage s'est bien passé… Mais toi ?
- Tu me manques déjà terriblement Harm !…
- A moi aussi, tu sais.. As-tu des nouvelles de Mic ?
- Non, pas encore… Mais c'est de toi dont j'attendais des nouvelles…
- Sarah, je vais devoir raccrocher ... Nous allons bientôt atterrir…
- OK ! Je comprends…. Je t'aime Harm ….
- Moi aussi Chérie…Je t'appelle dès que possible… Sarah!.. Sarah ?… Bon sang il fallait bien que ça coupe à ce moment !

Durant les dernières heures de vol, il avait organisé le reste de sa journée. Il se rendrait directement au bureau. Aucun risque que l'on vienne le chercher à Dulles, il n'avait pas averti de son retour.

Quelle que soit sa destination au sortir de l'avion, il faudrait affronter l'Amiral ou Mattie. Entre les deux, le choix était évident. Avec son supérieur il pourrait dévier des sujets scabreux, l'audience préliminaire tenue à Sydney alimenterait la conversation.

Avec Mattie ce ne serait pas si simple : elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Ce petit bout de femme de 18 ans, avait l'art et la manière de lui faire dire ce qu'il avait sur le cœur. Depuis bientôt trois ans qu'il l'avait recueillie, il en avait fait l'expérience. Ils étaient devenus très proches, surtout depuis cet accident qui avait failli lui coûter la vie..

Pauvre petite, trois semaines de coma ! Il avait cru la perdre, elle aussi, un véritable calvaire ! A son impuissance, devant ces médecins murés dans leur silence, s'ajoutait sa solitude dans l'épreuve. Tom Jonhson avait replongé allègrment dans l'alcool et disparu sans laisser d'adresse. Heureusement Jennifer avait été d'un soutien exceptionnel, malgré sa jeunesse !.…

Evoquant le Quartier-maître, il ressentit une bouffée de tendresse, cette jeune femme arrivée au JAG en délinquante, s'y était fait une place de sous-officier très apprécié. Quant à lui, il considérait en avoir la charge morale.

Avec Mattie, elles étaient comme deux sœurs. Dieu ou un ange gardien, peu importe, avait veillé sur sa protégée… Quand on la voit aujourd'hui, un vrai miracle, se dit-il. Néanmoins, malgré ces louanges, il préférait repousser le moment des retrouvailles. Comme prévu nulle tête amie ne l'attendait à l'aéroport. Il prit un taxi en direction de Falls Church.


Domicile des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 16.01.2005

Mac s'éveilla en pleine nuit, toute habillée, trempée de sueur. Elle avait dormi d'un sommeil lourd et peuplé de rêves où s'entremêlaient des images de Mic, de Clayton et de son Capitaine. Elle s'était revue, dans les collines afghanes, le jour où leur jeep avait sauté sur une mine antipersonnelle ! Heureux de s'en sortir avec quelques égratignures, ils avaient erré, perdus sans téléphone ni radio, et s'étaient serrés l'un contre l'autre, à l'abri d'un rocher pour se reposer et se protéger du froid.

Combien de fois avaient-ils vu la mort de près tous les deux ? Combien de fois s'étaient-ils mutuellement tirés d'un mauvais pas ? Ils avaient fait côte à côte, à peu près tout ce qui est humainement possible. Durant huit années bien remplies, ils avaient veillé l'un sur l'autre, jouant leur propre vie parfois, oubliant que ce dévouement sans limite ne pouvait se justifier que par l'amour ! D'où cette méfiance ressentie par tous ceux qui avaient tenté de partager leur existence, Mic irrémédiablement jaloux, et Renée avec son animosité à peine voilée.

Se levant pour ôter sa robe, elle se dirigea vers la fenêtre, il faisait clair, le reflet de la lune balayait l'Océan. Elle s'aperçut qu'elle se trouvait dans la chambre d'amis et non dans la sienne. Dans ce lit Harm et elle s'étaient aimés...

Cette chambre donnant sur la mer, avait été d'emblée sa préférée. Mic avait refusé de la prendre pour eux, parce que trop chaude en été. Tant qu'elle serait seule elle utiliserait cette pièce. Et tant pis si Coleen posait des questions !… Elle s'allongea sur le lit et ce rendormit…

Coleen arriva en début de matinée, le visage défait. Elle s'absenterait pour plusieurs jours : sa mère venait de mourir ! Sarah abandonna son désarroi pour compatir au chagrin de son amie. Elle refermait la porte quand le téléphone sonna :
- Allô ?
- Sarah ? C'est moi, je passerai dans l'après-midi, et je repartirai dans la soirée, avant dîner.
- Mais pourquoi Mic ?.. Est-ce si urgent ?
- Nous en parlerons à la maison…. Tu seras là ?
- Bien sûr Mic, je ne bouge pas, c'est dimanche au cas où tu l'aurais oublié !
- Alors à tout à l'heure !

La conversation avait été brève, pourquoi ce retour suivi d'un nouveau départ ? Quand auraient-ils le temps de régler le conflit qui les opposait, certainement pas entre deux valises. Il faudrait bien qu'il rentre tôt ou tard et qu'ils aient cette discussion !..

Désemparée mais impuissante devant cette réaction de son mari, elle concentra toute son attention sur le courrier laissé en suspens durant l'enquête préliminaire.

Elle contemplait d'un air satisfait la tâche accomplie quand un signal de message s'afficha sur son écran. Elle cliqua sur l'enveloppe :
"Sarah
Contrairement à ce que je pensais, je n'aurai pas le temps de venir à la maison. Je repars tout de suite pour Melbourne où je resterai une bonne semaine. Désolé de ce changement. A bientôt. Mic"

Sarah resta interloquée, qu'avait-il d'aussi urgent à faire, qui ne lui laisse pas même le temps de téléphoner ? La stupéfaction fit place à la colère. Elle mesura une fois de plus sa solitude. Puis se reprit aussitôt, tout à l'heure elle en parlerait à Harm. Mais le différend qui l'opposait à Mic prenait une tournure inquiétante.

Quelques heures plus tard, elle appela Harm sur son mobile et au bureau. En vain. Elle tenta l'appartement où la voix de Mattie l'accueillit avec un plaisir évident, mais lui apprit qu'il n'avait pas encore regagné son domicile. Mic de son côté demeura résolument muet.










Q.G. du JAG - Falls Church -
Virginie - 16.01.2005

En ce dimanche, le JAG tournait à plein régime, il fallait rattraper le temps perdu durant les fêtes de fin d'année.
- Capitaine ! Pourquoi n'avoir rien dit ? Je serais allé vous chercher.
- Merci Bud. J'ai pris un taxi. Avec les embouteillages, vous auriez perdu votre temps.
- Pas trop long le voyage ? ….Ah ! …J'oubliais, l'Amiral vous attend.
- Déjà !…
- Il a parlé au Colonel, je crois… Quelque chose vous ennuie Monsieur, la fatigue peut-être ?
- Oui, certainement…Comment ça va ici ? … Je pose tout cela et file chez l'Amiral.

Que pouvait bien vouloir l'Amiral pour avoir contacté Sarah ? Le dossier était réglé, et les pièces qu'il ramenait n'avaient pas un caractère d'urgence. Allons-y, nous verrons bien. se dit-il.

En l'absence de Jennifer, il frappa directement à la porte du patron :
- Entrez !
- Capitaine de Vaisseau Harmon Rabb au rapport Amiral !
- Repos Harm ! Et bienvenue au bercail. Avez-vous fait bon voyage ?
- Si l'on excepte le fait que les avions sont construits pour les nains, oui Monsieur.
- Comment va le Colonel ? le regard noir de Chegwidden s'était posé sur Harm.
- Nous nous sommes quittés un peu à regrets Amiral. Nous avions si bien retrouvé nos habitudes…répondit-il avec un sourire d'affirmation marqué d'une pointe de mélancolie,
- C'est ce qu'elle m'a dit !… Mais elle, comment va-t-elle ?
- Bien Monsieur ! Elle habite une jolie maison au bord du Pacifique… Quant à Brumby…
- Avant-hier… J'ai dîné avec l'Amiral Boone.. Quand j'ai dit à Tom que vous étiez chez le Colonel, il a failli s'étouffer … Puis il m'a demandé si je voulais me débarrasser de vous …
- Pardon Monsieur ?
- Tout comme moi et quelques d'autres ici, il s'est fait, depuis longtemps, une opinion sur la nature des sentiments qui vous lient au Colonel… Suis-je clair ?

Harm blêmit. Il sentait peser sur lui le regard de l'Amiral. Et Tom, lui aussi !… Seigneur ! Quel crétin il faisait!.. On avait dû discuter dans leur dos… Et ni lui ni Sarah ne s'en étaient rendu compte, isolés dans leur histoire !... Et que répondre à cela !
- Amiral !
- Je vous écoute ! Mais avant de poursuivre, mettez-vous bien dans la tête que je ne joue pas les moralisateurs… Vous savez ce que vous représentez pour moi, tous les deux…. Vous, je vous vois chaque jour, ou presque… Mais Mac est à l'autre bout du monde avec un abruti de mari d'un genre dont je ne voudrais à aucun prix pour ma propre fille… Vous me comprenez ?
- Oui Monsieur, Sarah.. Enfin le Colonel…
- Rabb ! Je vous en prie !.. Faites-moi de plaisir de dire une fois pour toutes, ce que vous avez sur le cœur, nom d'un chien !… Ce sera plus simple. Si j'ai fait une boulette en vous expédiant chez les kangourous, au moins que ça serve à quelque chose ! Quand j'ai eu Mac au téléphone, elle s'est mise à pleurer ! Reconnaissez que ce n'est pas son habitude…. Est-ce vous la cause de cela ou bien ce Brumby de malheur ?
- C'est un peu les deux Amiral..
- Comment cela ? … Vais-je devoir vous tirer chaque parole l'une après l'autre ?…
- Non Monsieur, veuillez m'excuser… De toute façon je vous en aurais parlé… Sarah et moi nous nous aimons !.… Ça semble d'ailleurs être l'avis de tout le monde ici…
- Quel euphémisme, pensa l'Amiral… Continuez…
- A mon arrivée, je l'ai retrouvée comme en décembre !…. Mais j'ai vite compris que ce voyage était une erreur. Je ne voulais pas y aller ! J'aurais dû suivre mon idée quitte à désobéir aux ordres.
- C'est ma faute, je n'ai pas réfléchi... Le mois dernier je vous ai observés tous les deux, il m'a paru très clair que la séparation n'avait rien changé entre vous….
- Monsieur ! J'aime Sarah depuis des années. Tant que nous avons travaillé ensemble, je n'ai jamais prononcé un mot à ce sujet, je pensais comme un imbécile que nous avions le temps !… Après son départ j'ai compris à quel point elle comptait pour moi, mais c'était trop tard. Restait à espérer qu'elle soit heureuse avec son mari, c'est ce qui compte avant tout !… Je vous jure Amiral que je n'aurais rien fait pour troubler son bonheur !…
- Et vous pensez qu'elle n'est pas heureuse ?…
- Monsieur! Elle n'aime pas ce type…Elle s'est mariée pour faire une fin… Quant à son travail, il consiste à remplir de la paperasse administrative, rédiger des testaments ou régler des conflits de voisinage… Vous savez comme moi qu'elle possède d'autres compétences… Elle est seule, terriblement seule là-bas…
- Ouais ! C'est bien ce que je craignais… Vous êtes tombés dans les bras l'un de l'autre !….
- Oui Amiral !… Mais ce n'est pas tout…
- Que voulez-vous dire ?
- Jeudi soir, Brumby lui a fait une scène très violente, la sommant ni plus ni moins, de rompre tout contact avec moi, ou toute autre personne de mon entourage, sous peine de divorce…
- Pardon ?
- Oui Monsieur! Brumby a repris ses éternels reproches à mon égard, ainsi qu'à vous tous. Elle lui a répondu, le ton a dû monter entre eux, la dispute a dégénéré. Brumby est parti en pleine nuit... Pour Sarah ce fut un terrible choc, j'ai mis des heures à la calmer, à tel point que j'ai craint un moment, qu'il ne l'ait frappée.
- Vous n'étiez pas dans la maison ? Vous logiez chez eux, m'a dit Mac.
- Ce soir là, l'ambiance me semblait pesante. Afin de leur laisser un peu d'intimité, j'étais allé me promener sur la plage pour y jouer de la guitare…. Si j'avais été dans la maison, Brumby aurait passé un sale quart d'heure… Je vous le promets…
- Je vois… Et que comptez-vous faire ?
- Pour l'instant je ne sais pas Monsieur !… J'ai peur de sa réaction, vous la connaissez, elle est fière, impulsive…Elle refuse de se plier aux exigences de Brumby… Comme je vous l'ai dit, elle est très seule, elle ne va pas couper le peu de liens qu'elle a conservé à Washington !… De mon côté je lui ai promis mon soutien où qu'elle se trouve, et je compte bien garder le contact que nous avons rétabli… Je suis inquiet Amiral….

Chegwidden se leva de son fauteuil et vint s'asseoir près de Harm. Il lui posa la main sur l'épaule et le regarda longuement.
- Vous êtes dans de beaux draps tous les deux ! Si je puis employer l'expression !…
- Que faire Amiral ? Nous avons passé des années côte à côte, obnubilés par le respect du règlement. Nous avons refusé la réalité, aujourd'hui elle se rappelle à nous…J'aurais dû l'empêcher de partir, et surtout d'épouser ce type …
- Comment auriez-vous pu ? Le passé est ce qu'il est !… Occupons-nous du présent. Si elle revenait, il serait assez facile de lui trouver un poste… J'ai quelques idées là-dessus, et l'Amiral Boone aussi…
- L'Amiral et vous, avez évoqué cette éventualité ?…
- Vous savez ce qu'étaient Tom et votre père et ce vous représentez pour lui…
- C'est mon parrain et il connaît ma mère depuis près de cinquante ans !..
- Votre mère aussi, lui a parlé de votre voyage en Australie…
- Mon dieu ! Ma mère et Tom ?…
- Désolé, mais je pense que c'est une bonne chose… Disons que ça nous a permis d'échanger nos points de vue… Quand on parle de vous, on y associe obligatoirement Mac !… C'est un fait avéré !...
- Mais Amiral, elle est mariée !…
- Ah oui !.. Et alors !… Pensez-vous qu'elle serait la première à divorcer ?…A son âge, elle ne va pas continuer à gâcher sa vie loin de son pays, de ses amis, et saccager sa carrière !.. Quand je pense que c'est moi qui l'ai menée à l'hôtel, j'ai des envies de meurtre… Dieu merci c'était en comité restreint !… Une dernière chose Capitaine, du moins pour aujourd'hui…. Si Mac revenait ici avec du plomb dans l'aile que feriez vous ?
- Je vous demanderais de nous marier sur le champ, Monsieur …

L'Amiral lui sourit. Lui tapant amicalement l'épaule, il ajouta :
- Ce serait avec le plus grand plaisir… Mais pour cela il faudra d'abord passer par la case divorce.


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Harm : Vous avez un homme qui vous aimera toujours.
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Posté le: Dim 16 Déc - 00:55 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

En sortant, Harm se sentit vidé, mais soulagé. Une part de son fardeau reposait sur les épaules de l'Amiral... Soudain il prit consciente de "l'union sacrée" constituée autour d'eux. Brumby n'avait pas beaucoup de supporters ! Ainsi tout le monde savait !.. Les Roberts faisaient partie du lot. Sa mère, Sergei et Lauren, connaissaient la relation de solide amitié unissant le couple à Sarah comme à lui. AJ Jr était leur filleul, ce n'était pas un secret. Jennifer avait certainement rallié le groupe. Quant à Mattie!… Elle vouait une véritable dévotion à Sarah.


Appartement de Harm - Union Station
Washington - 16.01.2005

Il avait passé environ trois heures à son bureau, le temps de prendre des nouvelles auprès de Bud. Sturgis venait d'être affecté dans le Golfe pour plusieurs mois, il serait de retour juste pour son mariage prévu en Avril. En voilà encore un qui aura désormais une vie stable, Vareze est belle, charmante, bonne chance à eux ! Harm n'avait pas vraiment la tête à son travail. Il préféra rentrer chez lui.

Sa clé à peine dans la serrure, la porte s'ouvrit à toute volée. Mattie se pressa dans ses bras, visiblement heureuse de le retrouver. Se détachant de lui, elle lança :
- Bienvenue à bord ! (Une expression de Mac quand ils se retrouvaient)
- Merci Mademoiselle, tu es magnifique !.. Jennifer, pardon, je ne vous avais pas vue. Vous n'étiez pas au bureau ?…
- Tu es allé au bureau ?
- Oui Mattie ! J'avais des documents importants pour l'Amiral …
- Comme je n'avais pas de rééducation, Jennifer et moi avons passé la journée ensemble… Et puis Mac a téléphoné, elle m'a dit que tu étais en route. Alors nous t'avons préparé à dîner…
- Mac a appelé ? Les deux jeunes filles échangèrent un regard qu'il ne vit pas.
- Elle cherchait à te joindre, elle m'a dit qu'elle t'enverrait un mail, et n'a rien ajouté d'autre… Enfin pour toi…

De nouveau Harm eut la sensation que son sang se retirait de son visage. Il était hors de question qu'il aborde le sujet "Sarah". L'épisode du bureau suffisait amplement pour la journée.
- Bien ! Il y a du courrier pour moi ?
- Oh oui… Tu as de la lecture… Mais rien pour mon adoption !
- C'est normal Mattie !… Le Juge nous a dit "en fin de mois" !…
- Tu dois avoir une collection de mails dans ta boite de réception.

Pourvu que Sarah ait pu expédier le sien !… Il en trouva une quinzaine attendant d'être lus. Des vœux de Nouvel An en majorité et enfin celui de Sarah… Qu'avait-elle à lui dire après leur conversation de ce matin ? Dans l'avion il n'avait pas pu s'exprimer librement. Mais !… Il cliqua sur l'enveloppe :
From : Ninja-girl@hotmail…. To : Flyboy@hotmail…
"Juste un message pour confirmer mon appel à Mattie. Tout va bien. Je téléphonerai dès que possible. Pas d'inquiétude… Bye Flyboy ! Sarah"

C'était à la fois rassurant et imprécis. Sarah avait adopté le ton le plus neutre qui soit, rien de compromettant dans ces lignes, si ce n'est la demande clairement exprimée du "silence radio". Il referma le message. Avant de rejoindre les filles, il expédia un mail à sa mère. A elle non plus il ne voulait pas donner de détail, pas pour le moment en tout cas.

Ils dînèrent tous les trois, évoquant mille et un sujets, les cartes de vœux reçues, le week-end chez les Roberts, Sydney, la plage devant la maison de Brumby et les cadeaux que Harm avait rapportés. Le collier typiquement australien, choisi avec Sarah, pour Mattie, un bijou composé de pierres d'un vert presque identique à celui de ses yeux et l'écharpe de soie destinée à Jennifer, très émue par cette marque d'affection.

Quand les filles eurent refermé la porte derrière elles, Harm demeura un moment assis dans le canapé. La journée avait été rude, mais la soirée s'était déroulée à merveille ! Quelle erreur de jugement il avait faite, son flair habituel l'avait totalement abandonné. Mattie n'avait pas posé la moindre question embarrassante, elle avait parlé de Mac sans ambiguïté.

En revanche sa discussion avec l'Amiral, le laissait perplexe. Il avait fallu que sa conversation avec Sarah l'ait sérieusement ébranlé, Chegwidden mettait un tel point d'honneur à ne pas s'immiscer dans la vie privée de ses collaborateurs.

Harm appréciait cette qualité de son supérieur. Il s'était enfermé depuis la disparition de son père, alors qu'il n'était qu'un enfant, dans une sorte de tour d'ivoire pour ne plus jamais en sortir, n'autorisant personne à y pénétrer...

Il n'avait eu de cesse, de retrouver vivant ce père idolâtré, cachant jalousement cette quête qui l'avait mené au Vietnam, sans résultats. Il avait embrassé la carrière de Pilote de Chasse toujours avec la même idée.

Ce n'est que quinze ans plus tard, au hasard d'enquêtes du JAG menées avec Sarah, qu'il avait enfin atteint le bout de sa route, là-bas en Sibérie, dans la petite ville où après des années de captivité son père était mort, laissant un second orphelin : Serguei….

Ce terrible périple, il l'avait accompli avec l'aide de l'Amiral, et avec la seule admise à partager son secret, Sarah !… Sarah, toujours Sarah ! Ce prénom revenait comme un leitmotiv, comment pourrait-il vivre sans elle ? Pour la première fois de son existence, la situation échappait totalement à son contrôle... Pour un pilote de chasse !…


Appartement d'Harmon - Union Station
Washington - 17.01.2005

Il dormit d'un trait, d'un sommeil lourd où son père et Mac passèrent à tour de rôle. Il était 5 h 30 quand il s'éveilla. Il avait un long moment devant lui, il se dirigea vers la cuisine pour y préparer du café. Je vais en avoir besoin pensa-t-il. Il faut que je réagisse, je ne peux pas me laisser ainsi submerger par les événements. Je n'ai plus quinze ans !…

Il arpentait l'appartement son mug à la main… Il posa les yeux sur la photo de son père. Dans la pénombre il en aperçut une seconde posée tout à côté, les représentant Sarah et lui. Ils se tenaient tous deux détendus et souriants, lui en uniforme de gala, son bras tenant légèrement la taille de la jeune femme appuyée contre lui, radieuse dans cette toilette superbe, qu'elle portait lors de la "Soirée de l'Amiral"…

D'où venait ce cadre ? Il n'avait rien vu hier soir !...

A dire vrai, qu'il avait sauté sur le premier sujet de conversation proposé par Jen' et Mattie pour se changer les idées… L'image de Sarah aurait dû attirer son regard ! Il la voyait partout alors qu'elle était à des milliers de kilomètres !… Il regarda au dos : aucune dédicace… L'idée lui vint que ce devait être un cadeau de Mattie, aidée par Harriett ou Jennifer. Il opta pour la première.

Mais le cadre offert par les Roberts représentait l'Amiral entouré de son staff, alors que celui-ci était un portait de couple, il ne possédait pas de cliché les réunissant seuls ainsi, à l'exception d'une prise en Afghanistan, offerte par Mac. Il éprouva une sensation de bonheur mêlée de fierté devant la beauté de la jeune femme, ils allaient si bien ensemble !…

Sarah avait-elle remarqué l'intervention du photographe ? Elle ne posait pas, mais avait ce regard et ce sourire espiègles, beaucoup trop rares, qui lui donnait tant de charme...

Il reposa le cadre, les paroles de l'Amiral revinrent à son esprit. Il avait raison, si c'était cette image qu'ils avaient inconsciemment donnée ce soir-là, ils ressemblaient davantage à un couple marié, qu'à des collègues heureux de se retrouver !...

Repartant vers la cuisine il aperçut sur le parquet, une feuille de papier blanc, il y reconnut l'écriture de Mattie, il déplia le message :

"Harm, Quand je suis revenue pour te remettre ce cadre, tu étais endormi. Il était tard et je n'ai pas voulu te réveiller. J'aurai aimé t'offrir ce cadeau pour Noël, mais il n'était pas prêt. Je l'ai récupéré pendant que tu étais chez Mac.
J'aime cette photo, elle est super!... Ce sera pour toi, un souvenir de ton amie qui te manque beaucoup je le sais…. D'ailleurs, je lui ai dit au téléphone. Mac trouve que j'ai eu une bonne idée, elle a promis de te mettre un petit mot de dédicace quand elle viendra à Washington. - Je t'embrasse - Mattie"

Sa gorge se noua sous le coup de l'émotion. La sonnerie du téléphone le fit sursauter. Il se précipita avant que le répondeur ne se déclenche :
- Rabb à l'appareil
- Harm !
- Sarah ! … Que se passe-t-il ?… .
- Rien... Je voulais simplement t'entendre… Tu as l'air inquiet !
- Non Trésor… J'ai été surpris par la sonnerie du téléphone, je ne m'attendais pas à ce que tu appelles si vite.
- Je suis seule à la maison, je voulais savoir comment s'était passé ton retour.
- Très bien !… Mais l'Amiral t'a félicitée toi aussi... Il est content de notre boulot. Vous en avez discuté tous les deux ?
- Harm, il t'a parlé de notre entretien ?
- Oui !… Et nous avons eu une très longue discussion ...
- Tu lui as dit pour nous, n'est-ce pas ?
- Je n'ai pas eu le choix, ici tous nos amis ont compris, ma Chérie !
- .... !
- Sarah ?…
- Oui. Pardonne-moi… C'est comme avec l'Amiral, je ne peux m'empêcher de pleurer … C'est trop bête.
- Y a-t-il quelque chose que tu ne me dis pas ?
- Mic n'est pas rentré ! Il est reparti à Melbourne pour une semaine, sans passer à la maison, il a expédié un mail. Il n'a pas jugé utile de le dire par téléphone…
- Quel goujat !… Il a osé te faire ça !…
- Harm ! Je t'en prie !.. Il faudra bien qu'il rentre et que nous ayons cette discussion... Ne t'inquiète pas, tu me l'as dit toi-même, c'est un impulsif…
- C'est surtout un fichu crétin… Pardonne-moi, je ne veux pas en ajouter, tu sais ce que je pense… Tiens-moi au courant surtout. Appelle-moi quand tu veux .... Promis ?

Ils échangèrent encore quelques mots, repoussant au maximum le moment de raccrocher. Ce fût Harm qui prit la décision lui promettant d'envoyer un ou deux mails dans la journée.

Il en expédia une dizaine… Il lui relata son entretien avec l'Amiral, les dernières nouvelles du bureau, l'accueil des filles, et lui décrit la photo découverte le matin près de celle de son père.












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Posté le: Dim 16 Déc - 00:56 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Bureau du Capitaine de Vaisseau H. Rabb - Q.G. du JAG
Falls Church - Virginie - 17.01.2005

Cette conversation avait redonné du tonus au Capitaine. Le comportement de Brumby le contrariait, mais avec ce type-là, il en avait vu d'autres. Sarah semblait prendre la chose avec philosophie…. Dès qu'il fut au Q.G, il consulta sa messagerie, et se plongea dans ses dossiers.

L'Amiral tint sa réunion habituelle, distribuant à chacun notes et documents. Le Départ de Turner avait nécessité une nouvelle organisation. Tracy Manetti remplacerait en partie Sturgis et un jeune avocat viendrait grossir les rangs à la fin du mois. Tout le monde était rentré, il était temps de se remettre au travail.

Il consulta son agenda après quoi il appela à bord du Patrick Henry pour avoir confirmation de la date prévue pour ses vols de qualification. Il pensait n'avoir la réponse que le lendemain, mais quelques heures après, Skates lui annonçait elle-même qu'il était attendu la dernière semaine de Janvier, elle serait son RIO et tout le monde à bord, y compris le Commandant, était impatient de le revoir…

Dans les mails adressés à son amie, Harm n'aborda pas ses quotas semestriels. La peur de Sarah l'inquiétait. Il ignorait si elle avait eu connaissance des engagements auxquels il avait pris part en Irak après son départ en Australie. Il était probable que non, elle y aurait fait allusion.

Il trouva plus judicieux de l'avertir par téléphone. Il ne pouvait pas le lui cacher, ce n'était pas leur habitude. De plus, à bord du porte-avions il serait difficilement joignable. Il faudrait choisir le moment opportun. A moins que :
- Lieutenant ! … Harriett !
- Oui Capitaine ?
- Auriez-vous quelques minutes ? J'aurais besoin de votre avis.
- Je vous en prie…. Que puis-je faire pour vous Monsieur ?
- Harriett !… C'est une question très personnelle, oubliez le… "Capitaine" !
- Entendu Harm, je vous écoute, si je peux vous aider..
- Pensez-vous que je doive arrêter de voler ? … Les grands yeux bleus de la jeune femme doublèrent d'étonnement....
- Vous ? Arrêter de voler !... Harm, une moitié de vous est en permanence sur un porte-avions ! Auriez-vous des ennuis de santé pour envisager une telle décision ?
- Non, Dieu merci !... Mais j'ai réfléchi … Pour Mattie…
- Mattie ? N'ayez aucune crainte, elle est trop fière de vos exploits, sans parler du fait qu'elle rêve d'en faire autant, hélas !
- Oui et ça c'est un autre problème…
- Le Colonel était terrorisée quand vous faisiez vos quotas, elle me l'avait dit ce Noël où vous aviez ramené un appareil en difficultés avec l'Amiral Boone… Harriett regretta aussitôt ses paroles, avant de continuer… Mais elle n'est plus là pour avoir peur!…
- Hum !….
- Harm ! Pardonnez ma curiosité, mais Bud et moi sommes inquiets pour vous. Depuis votre retour vous semblez triste, lointain… Nous pensons que le Colonel n'y est pas étrangère !
- C'est le cas Harriett … C'est pour elle que j'envisage cette hypothèse. Cela doit vous paraître curieux, étant donné qu'elle vit aux antipodes, mais depuis mon retour, nous communiquons régulièrement, je ne peux pas m'absenter sans qu'elle le sache.
- Je comprends Harm ! Cependant je vais vous dire ceci : j'ai failli perdre mon mari alors qu'il était en mer pour y exercer son métier. Cette épreuve, avec la mort de notre petite fille, a été la pire de ma vie. Depuis j'ai peur… Mais l'amour que je porte à Bud m'interdit de l'empêcher de faire ce qu'il aime. Je suis sûre que Mac serait d'accord avec moi… Elle vous aime trop pour ça !
- Merci de votre franchise Harriett, vous m'avez parlé en véritable amie que vous êtes. Veuillez m'excuser de vous mêler à nos problèmes !..
- C'est fait pour ça les amis Harm ! Je vous rappelle que ni vous, ni Sarah, ne nous avez fait défaut quand nous en avons eu besoin. Comment va-t-elle là-bas ?...
- Elle a son mari, une belle maison, comme je l'ai dit à l'Amiral... Mais tout le reste lui manque… Il se garda bien d'évoquer le "reste"...
- Bud et moi avons toujours pensé qu'elle n'aurait jamais dû partir.. Mais il fallait respecter son choix...

Quand le Lieutenant eut refermé la porte derrière elle, Harm se souvint du jour où à bord du Seahawk, Sarah et lui souriaient en imaginant le couple qu'elle formerait avec Bud...

Ils s'étaient lourdement trompés. Ces deux-là étaient amoureux comme au premier jour, après des années de mariage, trois maternités, et la blessure de Bud en Afghanistan. C'était rassurant de constater qu'un tel amour pouvait exister.


Domicile des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 17.01.2005

Depuis le mail expéditif de son mari et sa conversation avec Harm, Sarah cherchait une explication au comportement de Mic. En vain !.. Elle songea une fois de plus à ce qu'elle avait laissé derrière elle, à commencer par Chloé avec qui, ses contacts se limitaient désormais à quelques cartes, ou mails. La jeune fille suivait son chemin au sein d'une famille dont elle était la raison de vivre.

De près de 40 ans, il ne lui restait que ses souvenirs : les seuls liens avec son passé. Parmi ses souvenirs, la période JAG était de loin la plus importante, la plus riche, la plus heureuse aussi ! Et Harm en était le pivot.... Jamais elle ne renierait quoi que ce soit. Elle avait retourné la question en tous sens : il n'était pas question qu'elle accepte cet ultimatum ! Sa conscience, tout son être s'y refusaient. Il faudrait que Mic comprenne !..

Leur dispute et surtout ses exigences l'avaient abasourdie, anéantie. Il s'était montré violent à son égard, ce qui était nouveau, contrairement à sa jalousie. S'ils avaient hébergé Harm, c'était à son initiative… Avait-il voulu leur tendre un piège ? Cette hypothèse la révulsa, ce serait machiavélique ! Elle en rejeta l'idée.

Maintenant, il partait, la laissant sans explication, sans une adresse où le joindre. Elle n'était pas décidée à revivre l'épisode "Clayton", cette relation destructrice qui lui avait valu une grave dépression et une année de thérapie…

Elle se souvint du nombre de fois où Harm lui avait répété qu'elle commettait une énorme bêtise, ils avaient eu bien des querelles à ce sujet. Ses amis les plus proches, lui avaient tenu, de manière plus nuancée, les mêmes propos, tout comme son oncle Matt !… Harm s'était arrangé pour ne pas assister au mariage !.. De cela elle détenait aujourd'hui l'explication.

A ce point de ses réflexions, elle eut l'idée de se rendre au cabinet d'Avocats de Mic, elle y trouverait bien une des secrétaires, et obtiendrait plus facilement des informations, que par téléphone.


Centre Ville de Sydney - Australie 17.01.2005

Sarah n'avait rencontré aucun embouteillage, elle gara sa voiture au parking de l'immeuble et gagna l'étage des bureaux du Cabinet. En pénétrant dans ces locaux luxueux, elle revit l'espace d'un instant les lieux où elle avait travaillé quelques semaines avec Dalton. Elle ressentie une sorte de nausée..

Elle se dirigea vers l'hôtesse :
- Bonjour Madame, Maître Brumby n'est pas à son bureau…
- Merci, je suis au courant Jane. Mais ce n'est pas lui que je voudrais voir, c'est Mégane. Pouvez-vous m'annoncer ?
- Mais… Madame, l'hôtesse parut embarrassée avant de répondre, Mme O'Connors est en congés... pour quelques jours.
- Voilà qui est intéressant…
- Sarah ! Quel plaisir de vous voir en nos murs, c'est une surprise !
- Philip, heureuse de vous rencontrer, je désespérais de trouver âme qui vive dans ce cabinet, dit-elle en jetant un regard sombre vers Jane.
- Venez vous asseoir dans mon bureau, si je peux faire quoi que ce soit, ce sera un plaisir Sarah…

Elle emboîta le pas de Me Williams, quelques minutes plus tard, elle était plongée dans un confortable fauteuil.
- Alors, ma chère Sarah, que puis-je pour vous ?
- Me dire où est Mic et pourquoi, il m'est impossible de le joindre sur son portable, Melbourne n'est pas le bout du monde ni un village perdu dans le désert. Or je n'arrive pas à communiquer avec lui, je pensais que Mégane saurait me renseigner…
- Elle s'est absentée…
- Oui, je viens de l'apprendre…
- Mais je suis en mesure de vous confirmer que Mic est dans la région de Melbourne et pour plusieurs semaines. Seulement il n'a laissé aucune adresse précise, les clients sont répartis en des lieux différents. Vous connaissez notre pays… Les exploitations sont très dispersées…
- Je suis d'accord avec vous Philip, mais le téléphone fonctionne malgré tout, à l'heure d'Internet, Sarah commençait à s'énerver… Quelque chose dans les explications de l'avocat sonnait faux. Il crut bon d'ajouter :
- Je ne peux rien vous dire des affaires qu'il traite, vous comprenez en tant qu'avocate, mais je vais essayer de laisser un message à son intention chez nos clients…
- Je vous remercie Philip. Je ne vous dérange pas davantage. A bientôt.

En passant devant le comptoir de l'accueil, elle surprit une bribe de conversation "Non Maître, je vous assure que je n'ai rien précisé, je lui ai simplement dit que Meg était en congés…". Elle accéléra le pas et quitta le cabinet. Que signifiait ces paroles. Le "Maître" ne pouvait être que Mic puisque Philip Williams était à son bureau…

En cours de route, la question tourna dans sa tête, il lui vint à l'esprit que le jour de son départ, Mic avait rassemblé devant elle, et à la hâte, les vêtements nécessaires pour une absence de deux à trois jours. Pour plusieurs semaines, le sac emporté ne suffirait pas !…

Arrivée chez elle, elle monta dans leur chambre, elle constata en ouvrant le dressing de Mic que plusieurs costumes manquaient, ainsi que des chemises et d'autres accessoires dont une grande valise...

Il lui avait menti ! La colère de Mic aurait-elle été préméditée ? Venir chez soi, en cachette de son épouse, pour compléter ses bagages, ne pouvait être un hasard ! Et cette conversation....

En l'absence de Coleen, Sarah vaquait aux obligations impératives du ménage, elle avait fait quelques courses, mis de l'ordre dans la maison, grignoté ce qui aurait dû être des repas. Comme toujours, dans les moments difficiles, elle se sentait le besoin d'agir.

Son thérapeute lui avait appris à maîtriser ses angoisses et à rechercher les points positifs. Mais ces dernières découvertes l'avaient laissée désemparée et perplexe, l'affaire prenait un autre aspect !

Il était bientôt minuit, elle descendit vers l'océan, l'eau la calma, elle fit quelques brasses et se laissa porter. Elle ne verrait plus jamais ces lieux du même regard !…

Elle y percevait la présence de Harm. Allongée sur le sable, elle laissa son corps sous la caresse des rayons de lune, songeant à leurs étreintes… Non, se dit-elle, si je continue ainsi, je vais devenir folle. Je me dois de réagir, pour moi… pour nous !

Elle voulait découvrir la raison du comportement de son mari. Pourtant elle dût convenir que son amour pour Harm et les liens qui les unissaient, comptaient bien davantage que l'avenir de son mariage !…

De cela pour le moment, elle ne voulait pas en parler même avec Harm. Quelque chose lui disait qu'il n'était peut-être que le prétexte de la crise qui secouait son couple.


Bureau du Capitaine Rabb - Q.G. du JAG -
Falls Church - Virginie - 17.01.2005

Bien que la soirée s'avança, le Capitaine était encore au bureau. Buvant un café, il repensa à sa conversation avec Harriett… La jeune femme l'avait ému par sa spontanéité, son bon sens et son indéfectible amitié. Il nota également l'inquiétude de leurs proches à leur égard, les englobant d'emblée tous les deux.

Cette idée au combien réconfortante, le mettait mal à l'aise. Il avait toujours refusé de partager les épreuves rencontrées dans sa vie. Il découvrait que de son amour pour Sarah, il n'avait rien caché ou si peu !

Il se souvint de la remarque de Sturgis. Il sourit à cette évocation. "Nous vivons en vase clos, quand elle était là, nous étions toujours ensemble et nous nous sommes si souvent chamaillés !.." se dit-il.

Il consulta sa montre à cette heure il pouvait appeler Sarah :
- Colonel Mackenzie à l'appareil
- Ma Chérie, tu es bien solennelle !
- Harm !…. Tu es encore au JAG !.. J'ai vu s'afficher le numéro de l'Amiral
- Je suis dans son bureau, nous avons travaillé sur les budgets, et je n'ai pas attendu d'avoir regagné mes quartiers pour vous appeler Colonel. Je ne vous réveille pas Madame ?
- Que tu es bête…Je suis contente de t'entendre… J'ai nagé un long moment hier soir, après j'ai dormi comme un bébé.
- Sarah, il faut que je te parle de quelque chose, j'espère que cela ne te contrariera pas, mais tu dois le savoir !
- Qu'y a-t-il Harm ?
- Rien d'exceptionnel… Je dois faire mes quotas la semaine prochaine !
- C'est tout ?… Ce n'est pas un problème, je ne connais plus ton planning de vol…
- Mais tu m'as dit que me savoir en vol te faisait peur … Et Harriett me l'a confirmé..
- Harriett !.. Je l'ai eue au téléphone hier soir… C'était pour ça ?
- Je ne suis pas au courant… Mais je lui ai demandé son avis à ce sujet…
- Qu'a-t-elle répondu ?
- Qu'elle avait peur pour Bud quand il était en mer ou en zone de guerre, mais que pour rien au monde elle ne s'opposerait à ses déplacements.
- Elle a raison ! Quand on aime quelqu'un, on n'a pas le droit de lui interdire de vivre. Or, te clouer au sol serait la pire des choses, une moitié de toi vit sur un porte-avions !..
- C'est à peu de chose près le discours qu'elle m'a tenu…
- Aurais-tu l'intention de mettre fin à ta carrière de pilote ?…. Harm !… Pas à cause de moi ?
- Si ma Chérie, j'y ai pensé.. Les dates sont fixées, mais je peux annuler !…
- Tu es fou ! Je ne te laisserai jamais refaire une telle sottise.. Une fois suffit… Harm, promets-le moi…
- C'est promis !.. Je vais sur le Patrick Henry et Skates sera mon RIO… Sais-tu qu'elle s'est mariée il y a près d'un an. Je suis allé à son mariage juste avant l'accident de Mattie…
- J'ai du retard à rattraper… Il s'en est passé des choses depuis mon départ…
- Sarah… Je te remercie de ce que tu viens de me dire… Tu es vraiment sûre ?.. Pendant ces deux jours, ce sera difficile de se joindre..
- Je ne veux plus en entendre parler Harm !… Quant à ne pas pouvoir te joindre durant deux jours, je m'en suis passée près de deux ans ! Alors je m'en remettrai… Quand pars-tu ?
- Le 24, j'ai un vol à la base d'Andrew's, vers 13 heures …
- Montrez-leur ce que vous savez faire Pilote et rentrez en un seul morceau ! C'est un ordre…
- C'est drôle de t'entendre parler ainsi… Mais comme c'est rassurant.

Ils échangèrent encore quelques mots, puis raccrochèrent. Alors qu'il reposait le téléphone, il réalisa qu'il ne lui avait pas parlé de Mic. En fait il oubliait Brumby depuis cette nuit tant attendue !…

Leurs conversations étaient ponctuées de mots tendres, de rires, comme tous les amoureux du monde. Ils s'appelaient deux à trois fois par jour. Malgré la distance qui les séparait, Sarah était plus présente dans sa vie qu'elle ne l'avait jamais été ! Il eut tout à coup conscience du gouffre qui s'ouvrait à leurs pieds.

Ils s'aimaient et aux yeux de leur entourage ce n'était pas nouveau !… Il adorait Sarah et rien ni personne ne pourrait changer cela.

Mais le chemin qu'ils empruntaient tous deux, n'était pas celui de la célèbre roseraie où ils s'étaient rencontrés, c'était celui de l'adultère… Un obstacle de taille se dressait devant eux : Brumby !… Il fallait voir la réalité en face. Où cela les mènerait-il ?

Cette situation lui était totalement étrangère. Il n'avait fréquenté que des femmes libres. Seule Annie, avec l'ombre de Luc planant sur elle et son fils, avait troublé sa conscience. Un instant il revit Josh, à l'automne dernier… Sa mère devait être folle de dépit, elle était si sûre de lui faire embrasser une autre carrière que celle de son père ! Eh non. Annie le chemin est tracé d'avance… Nous devons l'accepter !

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Posté le: Dim 16 Déc - 01:00 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 18.01.2005



  La matinée commençait bien, elle avait longuement bavardé avec Harm ! L'annonce de ses quotas lui mit une boule au creux de l'estomac. Elle devrait de nouveau compter avec ces deux ou trois jours de crainte tous les six mois, attendant comme tant d'autres femmes le coup de téléphone libérateur. Arrêter sa carrière de pilote, c'était de la folie furieuse, pourtant il y avait songé pour elle !..

Son cœur cogna plus fort dans sa poitrine. Il avait tant de fois tout abandonné, sans se soucier des conséquences, pour se précipiter à son secours. Personne au monde n'avait pris autant soin d'elle, à commencer par Mic.

A propos de ce dernier, elle avait volontairement omis de révéler ses découvertes sur son comportement de plus en plus étrange. Il serait temps d'évoquer ce sujet, quand elle en saurait davantage. Elle dut une nouvelle fois se rendre à l'évidence : de plus en plus, Mic passait en second.

Comme Harm, à des milliers de kilomètres, elle prit conscience du mode de vie qu'ils avaient adopté depuis cette nuit où tout avait basculé… Tout comme lui, elle s'aperçut qu'ils s'étaient installés dans leur amour sans se soucier du reste. Au même instant, leurs idées suivaient le même cheminement.

Elle entrevit le chemin bordé d'épines sur lequel ils avançaient. Son premier mariage avait été plus qu'éphémère, les hommes qu'elle avait fréquentés ensuite, étaient tous célibataires. Sa vie était semée d'embûches de toutes natures : enfance difficile, jeunesse houleuse, mais pas d'adultère...

Mac sentit soudain sur ses épaules tout le poids de sa solitude. Harm vivait entouré de leurs amis, pas elle… Elle se reprocha aussitôt son attitude négative : elle avait Harm désormais !

Elle resta un instant sur cette constatation, puis réalisa soudain qu'il lui serait impossible de revenir en arrière. Ce serait du suicide !… Même si c'était condamnable…

Durant huit ans, sans en être consciente, elle n'avait voulu et attendu qu'un seul homme : Harm. Il avait fallu cette thérapie pour qu'elle l'admette…

Elle avait épousé Mic en désespoir de cause, pensant très sincèrement que tout était perdu puisque Harm avait Renée et Mattie... Cette nuit où enfin ils s'étaient rejoints, avait eu dans sa vie, l'effet d'une bombe à retardement…

Cette dizaine de jours a transformé ma vie et je n'arrive pas à y croire !…songea-t-elle attendrie devant le cadre identique à celui offert à Harm par les Roberts... Elle l'avait posé sur son bureau, comme cette autre photo, rangée dans son portefeuille. La présence de son image la rassurait. Et puis elle avait envie que tout le monde le voit, ce qui s'était produit pour Coleen.

Il lui fallait être honnête envers elle-même, ce qui la gênait aujourd'hui dans la conduite de son mari : était l'impossibilité de lui signifier qu'elle n'accepterait jamais son chantage…

Le tableau qu'elle dressait au fur et à mesure de sa réflexion, noircissait à vue d'œil. Elle y voyait s'écrire de plus en plus gros, l'unique clé à tous ses problèmes : LE DIVORCE.

Son dos se glaça à cette idée. Cette étape ne serait pas facile à franchir. Tout dépendrait de la réaction de Mic… A l'exception de son "exil" depuis leur mariage, et son absence injustifiée de ces derniers jours, elle avait peu de griefs à l'encontre de son mari !

Ses vieux démons l'assaillirent. Harm était-il prêt à l'accueillir près de lui ? Ils étaient devenus amants, mais une seule nuit… Il était reparti vers sa vraie vie avec Mattie…

Quelle idiote je fais !.. se dit-elle, nous n'avons jamais été aussi proches, malgré l'éloignement !.. Il est tendre, attentif… Notre complicité est restée intacte voire plus grande, cette barrière de pudeur qui nous retenait, n'existe plus. Si seulement….

La vieille ritournelle des regrets lui revenait en mémoire. Cette fois, elle n'eut pas raison de son moral.

Elle était tombée amoureuse la première fois qu'elle avait levé les yeux vers lui… Harm était encore sous le coup du décès de Diane à cette époque, mais était-ce leur étonnante ressemblance ? Elle n'aurait su le dire, pourtant elle était sûre qu'il avait reporté sur elle cet amour de jeunesse, qui avait mûri et grandi avec le temps et les épreuves partagées.

Ils n'avaient pas choisi ! Leur tort avait été de ne pas comprendre la véritable nature de leurs sentiments !… Ils en souffraient tous les deux. Elle approchait de ses 40 ans et sauf miracle, elle ne pourrait pas être mère !… Il lui vint la certitude que de ce coup du destin, Brumby serait la victime !…

Elle devait s'organiser au plus juste vis-à-vis de Mic. Elle ne lui voulait aucun mal. Elle chargerait un des avocats du Consulat de la procédure de divorce.

Pour le reste, elle n'avait rien en ce pays, à part ses bagages. Son appartement à Washington était inoccupé, Vareze vivait avec Sturgis depuis Noël. Quant à son job, elle faisait toujours partie des cadres de l'Armée, du JAG en particulier.

Quand Harm rentrerait de ses quotas, elle lui ferait part de ses décisions !


Appartement de Harmon - Union Station
Washington - 18.01. 2005

Le Capitaine avait quitté le JAG vers 1 heure du matin. Sortant du bureau de l'Amiral il avait entendu le fax se déclencher. Spontanément, il avait ramassé les feuillets du dossier qu'on leur adressait. Parcourant les documents, il s'était arrêté net au milieu de la pièce. Le Commandant d'un bâtiment escorteur basé en Méditerranée, portait plainte contre deux de ses officiers pour "Fraternisation" !

Il avait faillit s'étrangler ! Un rapide tour des effectifs lui démontrant si besoin était, qu'il avait toutes les chances de devoir traiter cette affaire…. C'était un comble !

Quand les autorités militaires comprendraient-elles enfin, qu'entasser sur des navires durant des mois, des hommes et des femmes éloignés de chez eux par des milliers de kilomètres, risquait fortement de mener à ces situations ?

La Jurisprudence commençait à faire son œuvre, plusieurs couples dont le seul écart était de s'aimer, avaient été relaxés. Mais ils avaient vu leur vie exposée à la vindicte de leurs camarades et de leurs supérieurs.

Quant à lui, officier du JAG, éperdument amoureux d'un Colonel des Marines, de quel droit irait-il blâmer deux malheureux jeunes gens, si c'était là, leur seule faute ! Désemparé, écœuré et surtout fatigué, il était rentré chez lui.

Il consulta le courrier posé sur la table, puis jeta un coup d'œil à sa boite de réception. Un message de sa mère et un de Serguei lui amenèrent un peu de réconfort, tout se passait bien en Californie. Attrapant une bière au passage, il alla s'asseoir dans le canapé d'où ses yeux se portèrent vers la photo de son père. "Papa que penserais-tu de tout ça ? Tu étais si droit, si loyal."...

Il se souvint que son père avait connu, bien malgré lui, une vie amoureuse compliquée. Serguei en était la preuve vivante.

Après un coup d'œil à sa montre, et oubliant ses réflexions de la soirée, il décrocha le téléphone…
- Allô ?
- Sarah ! c'est moi !…
- Ne me dis pas que tu es encore au bureau !…
- Non, je viens de rentrer …. Il lui exposa le dossier qu'il allait devoir traiter.
- Mon Dieu, personne ne peux se charger de cette affaire à ta place ?
- Nous sommes en effectif réduit, ma Chérie, et je ne me vois pas aller dire à l'Amiral…
- C'est sûr.. Mais tu dois partir pour tes quotas..
- C'est ma seule chance de passer à travers, Bud s'en chargerait.
- Je l'espère de tout cœur… Qu'allons nous devenir Harm ?…Transposant cette affaire sur leur propre cas, la voix de Sarah s'étrangla, je ne cesse de penser à nous depuis ce matin,
- Moi aussi Chérie, j'ai beaucoup réfléchi au chemin que nous avons pris… Comme toi, je reste au stade de la question… Mis à part que…
- Quoi ? … Harm !.. réponds-moi !
- Je ne veux rien changer à ce que nous sommes devenus, je sais que c'est répréhensible, mais…
- Harm ! Je ne reviendrais pas en arrière… Ma décision est prise, je vais demander le divorce ..
- Que dis-tu ? … Sarah !
- Tu as bien compris Harm, je veux divorcer et rentrer chez moi… Je voulais attendre ton retour du Patrick Henry pour t'en parler.. Mais pourquoi faire après tout, ma décision est définitive.
- Sarah, tu es certaine de ton choix ?
- C'est toi qui me le demandes ?
- Oui Trésor… Parce que si cette décision me comble de joie, j'ai conscience des difficultés auxquelles tu vas être confrontée…
- Je le sais bien ! Ce sera un mauvais moment à passer. Mais ça en vaut la peine, sauf si tu…
- Si quoi ? Ne me dis surtout pas de bêtises, ou j'attrape le premier avion pour Sydney… Sarah, Je t'aime et j'en ai plus qu'assez de te regarder vivre de l'extérieur… Je veux partager ta vie pour de bon, pas par téléphone… Il serait temps non ? Et si tu divorces, je n'ai pas l'intention de te laisser m'échapper cette fois… Je t'épouse, de force, s'il le faut !
- Harm ! Tu es vraiment sérieux ?
- Depuis le temps que j'en rêve, la question ne se pose même pas ! Sarah, je vivais avec l'idée que cela ne pourrait jamais se faire, mais au fond de moi…
- Nous, mariés, toi et moi pour de bon ! Je n'arrive pas à y croire !… Une nouvelle fois sa voix se déroba sous l'émotion.
- Je dois admettre que ma demande n'est pas très romantique, mais je n'ai jamais su me conduire comme tout le monde, et toi non plus... poursuivit-il en souriant malgré l'émotion,
- Je me fiche de la manière. Je n'ai qu'une envie : régler ce problème épineux, et quitter ce pays par le premier avion pour Washington, pour recommencer une autre vie avec toi !
- Tu sembles avoir déjà bien étudier la question, que comptes-tu faire ?
- A part consulter un des avocats du Consulat pour les formalités, je n'ai pas grand chose d'autre à prévoir, sauf une explication avec Mic. S'il veut bien rentrer à la maison… Pour le reste, je n'ai rien ici…
- Ma chérie, promets-moi d'être prudente. Dans cette épreuve, je ne peux t'apporter qu'un soutien moral… Je voudrais que tu en parles à l'Amiral !
- A l'Amiral, mais pourquoi ?
- Parce qu'à mon retour, lors de cette discussion à propos de nous, il a évoqué cette éventualité,
- Celle d'un divorce ?… Harm !
- Oui, tout à fait. Il l'a envisagé après ton appel je pense, mes propos ont dû le conforter dans son opinion. Il peut nous aider, mais en l'occurrence c'est toi qui en aura le plus besoin Chérie !..
- Je n'y avais pas songé, mais tu as raison, il s'est toujours montré d'un grand soutien.
- Je le sais… Il marqua un temps d'arrêt puis reprit : je t'ai dit que j'avais passé le Nouvel An avec ma famille.. Quand ma mère m'a embrassé, elle m'a dit : "Je voudrais que tu sois enfin heureux cette année mon grand"… Je n'aurais jamais cru que son vœu soit si vite exhaussé. Elle non plus d'ailleurs.
- Je crois que ta mère m'apprécie, elle a été très gentille quand je l'ai appelée, nous avons longuement bavardé…
- Elle fait partie de notre garde prétorienne, je dirais même qu'elle en est le porte-drapeau !
- Nous en aurons besoin… Une fois rentrée, j'aurai des problèmes à régler, j'en suis consciente.
- Mais je serai là. Nous essaierons d'être plus futés que par le passé, du moins le temps nécessaire, après !…
- Qu'est-ce que je risque ? Ma carrière ? Pour ce qu'il en reste... Mais il nous faut préserver la tienne c'est la plus importante.
- C'est une des choses dont je souhaiterais que tu discutes avec l'Amiral, il y a pensé..
- Mais c'est un véritable complot…
- Dans un sens, ma Chérie… Et je n'y suis pour rien… Je crois que quelque chose s'est produit quand tu es venue. Je ne sais pas quoi, bien qu'en voyant notre photo, j'ai une idée sur la question.
- Pourquoi dis-tu cela ? Qu'est-ce qu'elle a de particulier, cette photo ?
- Ma Chérie, nous ressemblons davantage à SergUei et Lauren, le jour de leur mariage, qu'à deux vieux amis de promo !.. C'est à la suite de cette soirée qu'ils se sont mis à recouper leurs opinions sur notre compte, l'Amiral, Tom et ma mère. Mon frère et ma belle-sœur ont dû suivre, ralliant nos amis à leur cause. Pour l'avoir testée, c'est une véritable union sacrée qui s'est faite autour de nous et j'oubliais Mattie qui, depuis mon retour, a installé ta photo dans le salon près de celle de mon père, et y met des fleurs en permanence..
- Arrête, je t'en prie je vais fondre en larmes…
- Non mon Amour … Au contraire, quand ce sera difficile, pense à tout cela et rappelle-toi que je t'aime. D'accord !
- D'accord Chéri... Tu sais, moi non plus le 31 Décembre, je n'aurais jamais cru… sa voix se brisa…


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Posté le: Dim 16 Déc - 01:05 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Quelque part au dessus de l'Atlantique - 24.01.2005


A regarder ce ciel d'azur, sans l'ombre d'un nuage, il aurait été difficile de se croire au plein cœur de l'hiver, s'il n'y avait pas eu cette température glaciale au départ de la base d'Andrew's. Le Capitaine guettait à l'horizon, le rectangle d'acier sur lequel une fois de plus il allait se poser. Il pensa à Sarah, endormie à l'autre bout de la terre, à moins que ses craintes ne la tiennent éveillée. La peur de sa compagne gâchait un peu son plaisir. Voler était une de ses passions, il y avait souvent trouvé refuge quand la vie se montrait cruelle.

Désormais, il n'était plus question de cela. En plus de Trich, deux femmes l'attendaient : Sarah à qui il vouait un amour fou, enfin partagé, et Mattie dont il constituait l'unique famille. Pour elles trois, il devait se concentrer sur les heures à venir, et obtenir ses qualifications, pour regagner Washington au plus vite.

L'hélico était en vol stationnaire, des Tomcat rentraient de l'entraînement, il fallait leur céder la priorité. Il entendit la tour de contrôle donner l'autorisation d'appontage, aussitôt il replaça son casque, croisa les bras sur sa poitrine et attendit le contact. Le pied à peine posé sur le tarmac, il aperçut au milieu de visages inconnus, le sourire de Skates :
- Bienvenue à bord Capitaine ! Allons nous mettre au calme, ici c'est impossible ! …
- OK Skates …Ils traversèrent en courant pour s'engouffrer à l'abri.
- Alors Harm, félicitations pour votre promotion. Comment va Mattie ?
- Merci pour les félicitations Skates, c'est gentil de vous soucier de ma "future fille", elle récupère très vite et beaucoup mieux qu'on ne l'espérait, à tel point qu'elle reparle de cours de pilotage ! … Et votre époux ?



- Toujours à Washington, ce qui nous permet de passer la plupart de nos week-end ensemble. Bavardant comme deux vieux amis réunis après plusieurs mois de séparation, ils se faufilèrent le long des coursives vers les quartiers du Capitaine.
- Comment va le Colonel, j'ai su qu'elle était venue à la soirée de l'Amiral… disant cela Skates s'était tournée vers son ami, elle saisit l'expression de son visage.. Pardonnez-moi, je suis peut-être indiscrète ?
- Non Skates, je ne pensais pas que la visite de Mac ait eu un tel écho. Je reviens d'Australie où nous avons mené ensemble une enquête préliminaire.
- Ça c'est mal passé ? Vous m'aviez dit avoir perdu presque tout contact avec elle ?
- Nous avons très vite retrouvé nos habitudes…. il s'arrêta un instant… Il était temps, elle rentre aux Etats Unis d'ici un mois ou deux… Et j'espère bien qu'elle reprendra son poste.
- Mais son mari … Ah… Je vois…. Harm c'est grave ?
- Elle divorce !... Ça ne va pas du tout, là-bas.. C'est dur à dire, mais au Q.G., nous n'avons jamais cru à ce mariage, quant à moi, vous savez mon opinion… Hélas il s'avère que nous avions raison !
- Elle a dû y croire. C'est une femme intelligente. Mais tout quitter est très difficile !… Et vous, comment prenez-vous la chose ?
- Je vous promets de suivre vos conseils cette fois, Skates…Il sourit et ajouta… Mais nous n'en sommes pas encore là, hélas…. En attendant, je l'épaule du mieux que je peux, avec l'Amiral.
- Harm, communiquez-lui mon numéro. Mon ordinateur est à votre disposition, ne vous gênez pas.
- J'accepte volontiers, d'autant plus qu'elle s'inquiète de me savoir ici…
- Votre métier de pilote lui fait peur ?…
- Vous savez mieux que quiconque que mes retours ont été parfois périlleux, depuis elle a peur !…
- Comptez-vous mettre un terme à votre carrière ?
- Si je ne veux pas ne faire étriper, je dois oublier, Sarah m'arracherait les cheveux et Mattie, lui donnerait un sérieux coup de main....
- Alors n'hésitez pas à la rassurer, je connais ça avec mon mari !
- C'est très gentil, merci encore une fois Skates !
- Non, c'est normal… Je suis contente pour vous. Et puis ici, le Colonel était très appréciée, nous serions très heureux de la revoir !

Il lui sourit, le regard embué par l'émotion. Avec Skates, pas besoin de longs discours, le message passait très bien. Arrivé dans ses quartiers, il déposa ses bagages.

Que c'était bon d'être à bord et de trouver à qui parler de Mac sans ambiguïté ! Il devait se présenter au Commandant dans une heure, Skates viendrait le chercher. Il expédia à Sarah et Mattie, les coordonnées de leur amie.

A l'heure prévue il se présenta sur la passerelle de commandement.
- Capitaine de Vaisseau Harmon Rabb au rapport mon Commandant !
- Bonjour Harm ! Bienvenue à bord et félicitations pour ce 4e galon…
- Merci Commandant, heureux de me joindre à vous !
- Je n'en doute pas. Vous êtes veinard cette fois, la météo est avec nous. Si vous le voulez, vous pourriez commencer dès ce soir les vols de nuit ?
- Si tout le monde est d'accord, dit-il en jetant un regard vers l'officier d'appontage, pour moi, c'est parfait, Skates ? Cette dernière acquiesça.

La nuit tombée, après un passage en salle de briefing, les deux officiers s'installaient dans le cockpit d'un F14. Ils se connaissaient depuis plus de six ans, Skates était devenue son RIO attitré. L'accident qui les avait obligés à s'éjecter en pleine tempête au milieu de l'Atlantique, n'avait fait que renforcer une solide amitié et une grande confiance.

Comme à chacun de ses départs, en entendant dans son casque appeler "Hammer", son cœur se serra. Le pseudo de son père. Ses camarades le lui avaient donné quand il avait repris du service actif. Cette attention délicate de ses jeunes compagnons, l'émouvait encore.

Les opérations s'enchaînèrent et requirent toute son attention. Le rugissement des réacteurs. Le contrôle des instruments.. La poussée vers le ciel… Cette montée d'adrénaline tant appréciée des pilotes même les plus chevronnés… Les exercices rituels... Les ravitaillements en vol... Enfin le retour vers ce morceau d'acier perdu au milieu de nulle part, en effectuant les manœuvre d'approche puis d'appontage sans encombre….

Les exercices de nuits terminés, Harm se détendait sur la passerelle au-dessus du pont d'envol. C'était à bord des porte-avions, un de ses repères favoris. Il y régnait un vacarme infernal, mais il aimait observer le va et vient des appareils en savourant un havane.

Ses pensées vagabondèrent vers Mattie qui l'avait vu partir avec envie puis vers Sarah seule là-bas, se débattant dans des démarches qui les réuniraient enfin ! C'était bien la première fois qu'il lui était impossible de l'aider…

Il n'entendit pas arriver le Capitaine Ingles.
- Toujours dans votre coin de prédilection Rabb ?
- Je suis incorrigible, et j'en profite au maximum Commandant !…
- Vous avez encore fait le meilleur score ce soir. Bravo ! Vous ne voulez pas reprendre du service, nous manquons de personnel…
- Non Monsieur, une expérience suffit. Je suis trop vieux et au JAG, les effectifs sont également restreints. Turner est détaché dans le Golfe…
- N'est-ce pas lui qui épouse cette superbe chanteuse ? Ma femme et ma fille en parlait lors de mon dernier séjour à terre ?
- C'est bien lui, en effet. C'est une fille merveilleuse, il a beaucoup de chance.
- Le départ du Colonel MacKenzie a été une grande perte pour le JAG, et pour vous en particulier !
- Oui Commandant, elle a laissé un grand vide !.. Quant à moi... Les réacteurs d'un F18 coupèrent la conversation.

Après quelques heures de sommeil, Harm s'équipa pour les vols de jour. Ceux-ci se déroulèrent sans le moindre accroc. Il avait volé sur deux types d'appareils. Un véritable état de grâce, il n'en revenait pas lui-même...

Le Commandant vint à sa rencontre alors qu'il descendait d'un F18 :
- Vraiment Rabb.. Vous avez fait un score à tout casser, les jeunes sont impressionnés !…
- Je ne voulais pas qu'un "bavard" vous pose problèmes…dit-il en se tournant vers l'officier d'appontage, tous éclatèrent de rire, comprenant l'ironie de la réplique.
- L'Amiral Boone peut être fier de vous ! Revenez quand vous voulez, Harm !
- Il n'est pas très objectif, il était le meilleur ami de mon père, il est mon parrain, çe qui laisse peu de place à la partialité.
- Oh je le crois assez professionnel pour faire la part des choses. Vous avez ce que vous méritez. Nous nous voyons dans six mois, n'est-ce pas ?
- Je l'espère bien Commandant ! Ils se saluèrent et le Capitaine partit se changer avant de rejoindre l'hélicoptère attendant sur le pont d'envol.


Maison de Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 26.01.2005

La nuit avait été mauvaise, un horrible cauchemar. Sarah s'était retrouvée, en cette soirée où l'on avait répété la cérémonie de ce qui devait être son mariage avec Mic !…

Elle avait revécu les terribles heures d'angoisse où Harm avait été porté disparu après le crash de son F14, les sauveteurs avaient retrouvé Skates, mais pas son compagnon. Dans son rêve, Harm n'était pas rentré !... Mic, le visage déformé par la haine, lui avait annoncé l'abandon des recherches.…

Elle avait dû pousser un hurlement avant de s'éveiller en sursaut, le visage baigné de larmes, la sueur lui collant les épaules. Elle s'était précipitée vers le répondeur, puis vers l'ordinateur où deux messages attendaient d'être lus. Elle avait hésité un moment avant d'ouvrir le dernier …

From : H. RABB-…. To : Ninja-girl @… Juste un mot pour te dire que tout se passe pour le mieux. La météo est parfaite et ton pilote n'est pas encore trop rouillé. Quotas terminés. Je rentre. A bientôt ma Chérie. H-R.

Ce mail lui était parvenu depuis à peine quatre heures. Ses jambes se dérobaient sous elle. Elle s'était assise sur la terrasse, la fraîcheur matinale avait calmé ses nerfs à vif.

Il était encore tôt. Après avoir bu un peu de thé, elle remontait vers sa chambre le téléphone à la main, quand la sonnerie l'avait fait sursauter :
- Allô ? Sarah ?
- Harm ! Où es-tu ?
- Ma Chérie je te réveille, je suis désolé !… Ça n'a pas l'air d'aller !
- Non, j'ai fait un mauvais rêve… Je ne pensais pas t'entendre, j'ai reçu tes mails…
- Nous avons terminé assez tôt, j'ai pu attraper le dernier hélico pour Andrew's où je viens d'arriver.
- Tu es content de tes résultats ?
- Je finis premier du groupe, avec les félicitations du Pacha. Je ne perds pas la main, vois-tu !
- Je savais bien Pilote que vous étiez le meilleur, je l'ai toujours cru… affirma-t-elle en riant
- Le Commandant et Skates m'ont chargé de te saluer.
- C'est gentil ! J'aurais peut-être le plaisir de les revoir bientôt ?
- Je l'espère Trésor. Maintenant je rentre à la maison, je t'appellerai à mon arrivée.
- Bonne route, sois prudent surtout… Je t'aime !

Lovée dans le grand fauteuil de la chambre qu'elle occupait désormais, Sarah but une tasse de thé en relisant les mails reçus durant la nuit, ceux venant d'Harm l'informant sur ses quotas et celui de Vareze concernant son appartement..

Dans quelques heures Harm sera à Washington conclut-elle rassurée. Cet appel bref, avait fini d'apaiser ses angoisses, il était bien vivant Dieu merci !

Petit à petit, elle retrouvait ses esprits. Ce soir ils auraient tout le temps de discuter à loisir. Elle se surprit à compter à l'heure des U.S.A. Puis elle passa dans sa salle de bain, une douche finirait de la détendre.

Coleen revenait aujourd'hui. Elle souhaitait être prête pour l'accueillir. Vêtue d'un jean et d'un top bleu clair, elle vaporisa quelques gouttes de l'eau de toilette oubliée par Harm et redescendit.

Faisant le tri de ses mails, elle constata une fois de plus, l'absence de message de son mari ! De nouveau, la colère lui noua l'estomac. Mic n'ignorait pas que Harm était rentré aux U.S.A.. Il ne pouvait donc plus invoquer une présence indésirable sous son propre toit.

Elle ne voyait plus aucune excuse à ses agissements dont le "passage clandestin" tendait de plus en plus à supposer la préméditation… Sans parler de cette surprenante conversation qu'elle avait entendue à son bureau...

L'amour qu'elle vouait à Harm, avait littéralement explosé, comme une force trop longtemps retenue. Ses sentiments s'épanouissaient enfin. Elle se sentait prête à tout, pour vivre ouvertement ce bonheur tout neuf.

Elle se prenait à rire ou à pleurer sans motifs. Elle était une femme amoureuse ! Elle découvrait avec quelques vingt ans de retard, ce dont elle s'était plus ou moins volontairement privée : le bonheur d'aimer.

Au file des journées, elle s'était trouvée prise entre l'absence de Brumby avec sa volonté délibérée de la tenir à l'écart, et cette passion enfin partagée. Sa décision s'était affermie. Il n'y avait plus de retour possible. C'est dans cet état d'esprit qu'elle s'apprêtait à rencontrer l'avocat que lui avait recommandé le vice-consul.

Elle avait rendez-vous en fin de matinée avec un avocat américain. Elle avait rassemblé les documents nécessaires et établi une sorte de rapport, résumant les faits le plus sobrement possible, mais sans rien omettre.

Elle était déterminée, la seule question à régler concernait les modalités du divorce. Elle ne souhaitait rien demander. Elle voulait retrouver son pays et être libre d'aimer au grand jour !….

Sarah vérifia une dernière fois le dossier qu'elle avait préparé. Elle se rappela qu'elle n'avait pas joint la copie du passeport de Mic. Elle savait trouver ce document dans le tiroir de sa chambre. Elle monta à l'étage.

Elle n'avait pour autant dire pas remis les pieds dans cette pièce depuis sa dispute avec son mari. Il faudrait dire à Coleen d'y faire du ménage… Elle alla tout droit à la commode. Ouvrant le tiroir, elle tomba sur un amoncellent de papiers.
- Quel bazar, comment peut-on laisser une telle pagaille, dit-elle.

Elle attrapa le tout, le posa sur ses genoux et commençait à feuilleter l'ensemble, quand elle vit qu'elle avait laissé tomber deux feuilles. Elle les ramassa, sur la seconde elle put lire : M.O'C suivi d'un numéro de portable, en dessous : Gare du Ferry 20 H. - 01.16, figuraient également d'autres numéros de téléphone. Elle n'eut aucun mal à reconnaître l'écriture de Mic…

Une colère froide s'empara d'elle. Attrapant le combiné, elle composa le numéro, quelques sonneries plus tard, elle était en communication avec la boite vocale de Meg O'Connors… Elle reprit les papiers, continua ses recherches, trouvant au passage le document dont elle avait besoin, mais également d'autres informations troublantes notées de la main de Mic. Mac remit le tout dans le tiroir et ressortit de la chambre, elle avait besoin de prendre l'air, de voir autre chose.

Si les éléments dont elle disposait, étaient de maigres preuves, son intuition lui disait qu'elle avait la solution. Ce numéro de portable, la date, l'heure, le retour de Mic en cachette et les paroles de Jane…

Le puzzle se recomposait… Ainsi, il la trompait et vraisemblablement pas uniquement depuis ce fameux dimanche… Le salaud ! Hurla-t-elle… Et il jouait les jaloux ou minaudait devant Harm !

Harm ! Cette pensée la galvanisa… Après tout elle l'avait trompé elle aussi, et depuis toujours, car si durant des années son amour était demeuré platonique, aujourd'hui ce n'était plus le cas…

Peu à peu elle retrouva son calme. Elle fit quelques pas sur la terrasse. Son "horloge biologique" lui indiqua qu'elle disposait encore d'une bonne heure avant de partir.

Comme elle l'avait prévu, elle pouvait encore joindre l'Amiral au Q.G. :
- Chegwidden !
- Bonsoir Amiral, c'est Mac, je ne vous dérange pas ?
- Colonel ! J'ai tout mon temps, que me vaut le plaisir de votre appel ?
- Eh bien Monsieur, j'aurais souhaité vous parler d'un problème important.
- Dîtes Mac, si je puis vous être utile …
- Amiral… J'entame une procédure de divorce … Je veux rentrer chez moi !
- Vous avez très certainement réfléchi, avant de vous décider à un tel acte.
- Oui Monsieur, Harm vous a rapporté ce qui s'était produit deux jours avant son départ.
- En effet, il se fait beaucoup de souci pour vous, par la même occasion, moi aussi !…
- Des faits nouveaux se sont produits qu'il ignore encore, Monsieur, et qui pèsent davantage sur ma décision.
- Pardonnez ma curiosité, mais est-ce encore Brumby ?
- Oui Amiral, il a quitté Sydney comme vous le savez. Je ne sais ni où il est, ni quand il rentrera ! Je n'ai reçu ni mail, ni appel téléphonique depuis son départ… De plus j'ai découvert qu'il était venu à notre domicile en mon absence, pour y chercher d'autres bagages. Et je me pose quelques questions sur sa volonté d'accueillir Harm à la maison…
- Vous pensez à un piège ? Il est vrai que ce garçon m'a toujours paru totalement incontrôlable …
- De plus, je suis quasiment certaine qu'il a une liaison avec sa collaboratrice, j'ai découvert des morceaux de papiers griffonnés à la hâte et d'autres éléments qui confortent mon intuition.
- Vous aviez des soupçons ?
- Pas jusqu'à ce que je me rende à son bureau, pour avoir des explications sur son absence. Je ne veux pas paraître inconséquente, Amiral, mais je mesure aujourd'hui, l'importance de mon erreur…
- Je suis désolé. Il vous fallait peut-être en passer par là, Mac ?
- Il a été durant deux années, un bon compagnon, rien ne me laissait supposer un tel comportement, un changement aussi soudain et radical,
- Ne pensez-vous pas que la venue de Harm ait déclenché ce revirement ? La liaison mise à part.
- Non Amiral, comme je vous l'ai dit, il a lui-même tenu à l'héberger, et rien dans notre attitude n'a mérité un quelconque reproche de sa part, du moins le peu de temps qu'il a été là !
- Permettez-moi d'être direct avec vous… Vous souhaitez mon opinion, n'est-ce pas ?
- Oui Monsieur, je vous remercie d'avance de votre franchise.
- Harm a dû vous dire, qu'ici vos amis, vos proches, ont compris depuis longtemps les liens qui vous unissent, tous les deux !… Lors de votre venue en décembre, j'ai constaté que rien n'avait changé. Mic aurait-il pu tirer la même déduction ?
- Amiral, si c'est le cas, pourquoi avoir invité Harm ? Il connaît les liens existant entre nous !
- Peut-être pensait-il que l'éloignement et votre mariage changeraient les choses.
- Harm et moi, nous aimons depuis des années ! Nous ne l'avons pas compris, peut-être même avons-nous inconsciemment refusé de l'admettre, par peur sans doute. Nous avons dû vous paraître stupides… Mic savait celà. Dieu merci, Harm n'était pas présent lors de notre dispute !
- Oui, c'est une bonne chose vu l'état de rage dans lequel il se trouvait quand il a abordé le sujet devant moi ! Brumby aurait passé un sale quart d'heure !…
- Amiral, c'est pourquoi je ne peux continuer à vivre ainsi. Je refuse le chantage de Mic… Je veux rester honnête envers moi, et surtout envers Harm. Mettre fin à mon mariage me semble plus que jamais l'unique solution. S'il a une liaison, il se consolera sans peine...
- Vous avez consulté un avocat, je suppose ?
- Je le rencontre officiellement tout à l'heure, Amiral !
- Alors, effectuez vos démarches, et tenez-moi informé de votre retour parmi nous. Voyez cela avec Harm. J'en aurai besoin pour votre réintégration ici, vous dépendez toujours du JAG. Nous sommes à cours de personnel… Il ne devrait pas être difficile de vous trouver une place …
- Je vous remercie Amiral. Une chose encore, je pense venir à Washington rapidement. J'ai besoin d'y préparer mon retour, mon appartement, en particulier. Mais ne parlez pas de ce voyage avec Harm, je lui en réserve la surprise.
- Vous vous êtes enfin trouvés tous les deux, n'est-ce pas ?
- Oui Monsieur, et à cela aussi, je dois penser, je ne veux pas qu'Harmon mette de nouveau sa carrière en jeu pour moi, il l'a suffisamment fait par le passé…
- Nous trouverons une solution. Nous l'avons fait pour Bud et Harriett. Voulez-vous me laisser m'en charger Colonel ?
- Pour ma plus grande joie Amiral !
- Alors réglez au mieux vos affaires, et laissez vos amis vous aider. Puis revenez-nous très vite.
- Je vous remercie infiniment Monsieur !
- C'est tout à fait normal. A bientôt et, en attendant, prenez bien soin de vous.

Disant cela, Chegwidden sentit ses yeux se brouiller. Il éprouvait pour le Colonel un sentiment quasi paternel. Il était heureux de la voir enfin toucher au port, et Harm, ce grand gaillard, cet adolescent mûri trop vite, était tellement attachant.

Ces deux-là allaient enfin trouver la paix.… Mais ils avaient encore besoin d'un petit coup de main…


Appartement de Harmon - Union Station
Washington - 26.01.2005

L'immeuble était silencieux quand vers 1 heure du matin, Harm franchit le seuil de son appartement. Pas question d'aller déranger les filles, il était beaucoup trop tard. Il posa son casque. "Hammer" ! Ce pseudo lui portait bonheur… Il avait à cœur d'en être digne.

Il consulta sa montre et décrocha le téléphone, à l'autre bout, la voix familière répondit :
- Sarah MacKenzie,
- Bonjour ma Chérie !
- Harm ! Pardonne-moi, mais je croyais que c'était Me Smith, mon Avocat. Tu es chez toi ?
- Oui Madame, j'arrive juste à l'instant, mais je ne vous dérange pas j'espère ?
- Vous êtes toujours aussi stupide Capitaine ! … Non ! J'ai tout mon temps, tu n'es pas trop fatigué ?
- Pas du tout, parle-moi de ton rendez-vous ! Comment c'est-il passé ?
- Très bien, je connaissais déjà cet avocat. Il travaille essentiellement pour les ressortissants américains, nous avons eu à traiter des cas communs. Je l'ai chargé de la procédure. Il a tous les papiers nécessaires. Mais avant d'aller plus loin, il y une chose dont je veux te parler.
- Que se passe-t-il ?
- Tu sais que je me suis rendue au bureau de Mic où j'ai appris, non sans mal que sa date de retour n'était pas fixée avant des semaines.
- En effet, tu me l'as écrit dans l'un de tes mails !
- Oui, mais ce que je t'ai pas dit, c'est que j'y ai surpris une conversation troublante entre l'hôtesse et un correspondant inconnu et qu'en rentrant à la maison, je me suis souvenue qu'il était parti avec un sac contenant des vêtements pour deux ou trois jours maximum.
- Et tu t'es demandée comment il pouvait rester absent plus d'un mois ?
- Exactement mon Chéri, cesse de finir mes phrases veux-tu !
- J'ai toujours adoré ça !.. Mais soyons sérieux, Sarah !
- Donc j'ai regardé dans le dressing, des costumes et d'autres vêtements on été emportés ainsi qu'une grande valise ….
- Mais tu n'as rien vu ? Il a fait son coup derrière ton dos ?
- Plus j'y pense, plus j'ai la certitude qu'il est revenu à la maison le vendredi, pendant que nous étions à Sydney. Il était sûr de trouver la maison vide, et avec Coleen, il pouvait faire ce qu'il voulait !…
- Quel sale …. je ne vais pas recommencer ma Chérie…
- Non Harm, tu avais raison, et ce n'est pas tout.
- Que veux-tu dire ?
- J'ai la quasi certitude qu'il entretient une liaison avec sa collaboratrice, il serait d'ailleurs en voyage avec elle... J'ai trouvé des indices assez convainquants, écrits de sa main.. Tout concorde avec son départ !
- Quel salaud ! Si je le tenais...
- J'aurais probablement dû vous écouter tous, toi, l'Amiral et les autres…
- Tu as téléphoné à l'Amiral ?
- Oui, avant d'aller voir l'Avocat. Je lui ai raconté ce qu'il ne savait pas encore. Nous avons évoqué mon retour aux U.S.A. Il s'est montré très délicat et rassurant…
- Tu as bien fait. Je ne peux pas t'aider ouvertement, alors que lui te sera d'un grand soutien.
- Je m'en suis rendu compte. Il te parlera de notre conversation. Il a besoin de savoir au plus vite la date approximative de mon retour,
- Et moi donc !
- Il a supposé que tu serais le premier averti, il demande que tu l'en informes.
- Je me ferai ce plaisir… Mais revenons à ton Avocat !
- Il me donne deux possibilités vis à vis de Mic : une lettre de ma main déposée à son cabinet à charge pour eux de la lui transmettre, ou un courrier officiel de sa part suivant le même chemin. Il me demande de taire mes soupçons d'adultère, en l'absence de preuves formelles.
- Ca me semble logique. Toi, qu'en penses-tu ?
- Je voulais ton avis, et 24 heures de réflexion pour décider de la manière à employer.
- Si je n'écoutais que ma seule opinion, je te dirais de laisser Me Smith s'en occuper, surtout après ce que tu viens de me raconter… Mais l'avocat que je suis, te conseillerait de faire les choses de manière à n'avoir pas de regrets Sarah ! Il ne le mérite pas, mais c'est très important pour toi.
- C'est ce que je pense… J'ai commencé à rédiger un texte, je ne veux pas en écrire des pages, juste ce qu'il faut pour ne laisser aucun doute sur mes intentions.
- Mais que dois-tu faire en attendant que Brumby réapparaisse ? Tu ne vas pas croupir là-bas éternellement ?
- Non, notre mariage a eu lieu aux U.S.A. il tombe donc sous les lois américaines. Il me suggère d'attendre deux semaines après signification de la demande, passé ce délai j'agis à ma convenance à condition de fournir une adresse aux U.S.A. qui me soit personnelle de préférence.
- Ton appartement est disponible. Vareze habite chez Sturgis de puis la fin d'année !
- Je lui ai adressé un mail. Elle m'a répondu immédiatement qu'elle libérerait l'appartement des quelques affaires qu'elle y avait laissées.
- Tu as eu raison de garder cet appartement !… Il s'interrompit quelques secondes... J'ai l'impression que tout à l'heure je vais me réveiller et me trouver face à une autre réalité…
- Harm ! Ce n'est pas un rêve, dans quelques semaines, je rentre à la maison !
- Pardonne-moi ma Chérie mais je n'arrive pas à y croire !.. sa voix s'étouffa.
- A dire vrai, moi non plus, quand l'Amiral m'a demandé ma date de retour, j'ai eu la même réaction que toi !… A son tour elle eut du mal à terminer sa phrase.

Ils étaient submergés par l'émotion, incrédules devant les événements heureux qui se précisaient cette fois, sous les meilleurs auspices. Ils continuèrent leur bavardage, puis se quittèrent attendant le prochain appel.

Harm avait grand besoin de sommeil, les quotas qu'ils avait effectués, constituaient une épreuve physique considérable et son entretien avec Sarah l'avait épuisé moralement.












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Posté le: Dim 16 Déc - 01:06 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 26.01.2005

Ce que Sarah avait omis de rapporter de sa visite chez Me Smith, c'est qu'elle pouvait quitter l'Australie à tout moment, pour se rendre où elle le souhaitait. Il suffisait pour cela, qu'elle avertisse le cabinet où travaillait Mic à défaut de le joindre lui-même.

Depuis la veille, l'envie d'aller à Washington faisait son chemin. Elle avait envie de partir, de changer d'horizon. Elle avait pensé dans un premier temps appeler au domicile de Megane, puis elle y avait renoncé. A quoi bon ?… Inquiéter David, son mari, ne changerait rien.

Elle appela son agence de voyage sans attendre davantage, quelques minutes plus tard l'hôtesse lui proposait un vol, l'amenant à Washington Dulles le vendredi vers 14 h 30, heure locale. Sans hésiter, elle réserva une place. Aussitôt son téléphone raccroché, elle expédia un fax de confirmation.

Dans sa tête tout se bousculait, en quelques jours sa vie venait de basculer à la vitesse de l'éclair, c'est pire que Kaboul se dit-elle en soupirant. Vendredi, je serai chez moi avec Harm !… Elle eut envie de lui envoyer un mail pour l'avertir et se ravisa. Elle prépara un courrier pour son mari, qu'elle déposerait en allant à l'agence de voyage. Elle prévint son avocat, lui donnant l'adresse de son appartement.

Si son cerveau était aussi dévasté qu'un champ de bataille, son physique tenait bon, elle se sentait capable d'abattre des montagnes. L'idée de son prochain voyage lui avait redonné le moral. Elle monta explorer ses placards.

Elle rassembla des vêtements compatibles avec l'hiver nord-américain. Elle se rappela ce tailleur pantalon gris et un pull rouge qu'elle avait remarqués dans une boutique où elle se fournissait. Avec le manteau de laine blanche qu'elle avait ramené le mois dernier, ce serait parfait !


Bureau de l'Amiral - Q.G. du JAG
Falls Church - 26.01.2005

L'Amiral était soucieux, pourtant son humeur, ce matin-là était résolument au beau fixe. Il dégustait le café préparé par Coates et songeait à Harm et Mac !… En finirait-il un jour avec ces deux-là, ils lui donnaient plus de fil à retordre que Francesca, qui menait une vie paisible avec son époux dans la banlieue romaine...

Il fallait régler le cas de Mac, sans nuire à celui de Rabb. Il sonna Jennifer :
- Quartier-maître, appelez-moi l'Amiral Boone, j'aimerais lui parler le plus vite possible
- Entendu, Monsieur… quelques minutes plus tard, la communication était établie :
- Tom ? Salut mon vieux, comment vas-tu depuis l'autre soir ?
- Très bien, merci, que me vaut l'honneur d'un appel si matinal ?
- J'ai besoin de ton avis, et aussi d'un éventuel coup de main pour ton protégé,
- Harm ! Rien de grave j'espère ?
- Non ! Rassure-toi, au contraire… Le Colonel MacKenzie rentre au bercail !
- Pour de bon, mais son mari ? Ne me dis pas que …
- Et si. Elle demande le divorce, son mari lui a fait un sale tour, il se conduit comme un goujat. Ce qui ne m'étonne pas le moins du monde. Harm n'est pas la cause directe de cette rupture.
- En quoi puis-je t'aider, j'aime bien le Colonel, et mon bonhomme ne doit pas être mécontent ?
- Je ne l'ai pas vu depuis, il était en mer pour ses quotas,
- Eh bien ça a dû lui donner des ailes, ajouta Tom Boone dans un grand éclat de rire,
- Justement, j'aimerais qu'il les conserve. Mac peut sans problème réintégrer le JAG, nous manquons de personnel, mais s'ils se mariaient … Comment ne pas les séparer ?
- Bonne question A.J. je suis tout aussi convaincu que toi, que nous risquons d'être de mariage sous peu… Vois les possibilités de ton côté, je me charge d'un ou deux coups de fil au Pentagone.
- Merci pour eux, Tom… J'oubliais, pour l'instant tu ne sais rien, bien entendu !
- Message reçu, cinq sur cinq A.J… A bientôt.


Appartement d'Harm - Union Stations
Washington - 26.01.2005

Un bruit indistinct réveilla le Capitaine, ouvrant les yeux, il vit Mattie, un mug de café à la main :
- Bienvenue à la maison !
- Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure ma puce ?
- Il est bientôt 9 H et je suis venue voir si tu étais rentré,
- C'est gentil, merci, dit-il en attrapant le café, je suis arrivé très tard hier soir, je n'ai pas voulu vous réveiller, et je devais appeler Mac.
- Mac ? Elle compte beaucoup n'est-ce pas ?
- Avec toi, c'est ce que j'ai de plus cher au monde, mais je vous aime toutes les deux de manière bien différente.
- C'est pour ça que tu es toujours seul, sauf avec moi, mais dans la vie je veux dire !
- Assieds-toi une minute, je voulais te parler, ça tombe bien... Malgré sa légère hésitation, il l'attira près de lui.. Mattie…Il risque d'y avoir un grand changement dans ma vie, dans notre vie.
- A cause de Mac ?
- Oui, à cause de Sarah… Elle revient vivre ici. Elle divorce, je voulais t'avertir moi-même.
- Et pour moi ? … Parce que si elle revient, vous aller vous voir, être ensemble…
- Quoi qu'il advienne tu n'as aucune raison de t'inquiéter, n'oublie pas que tu seras ma fille définitivement. Et Sarah en est très heureuse, de son côté elle a Chloé !
- Ce n'est pas pareil, Chloé ne vit pas avec elle…
- Elle n'allait pas allez en Australie ! Une seule suffisait, je t'assure. Mattie, fais-moi confiance ! Tu sais que je ne t'ai jamais trahie..
- C'est vrai. J'aime bien Mac, je sais que tu comptes beaucoup pour elle alors, ça ira, j'en suis sûre.

Mattie tendit sa joue vers Harm et partit sans rien ajouter, il n'insista pas. Il était en retard, il appellerait Sarah de la voiture, ou du Q.G.. Néanmoins il était content d'avoir eu cette discussion. Il n'aurait pas aimé qu'elle apprenne le retour de Sarah au hasard d'une conversation.

Q.G. du JAG - Bureau du Capitaine H. Rabb
Falls Church - 26.01.2005

Une heure plus tard, il arrivait à son bureau quand son portable sonna :
- Rabb à l'appareil
- Bonjour Capitaine, avez-vous bien dormi ?
- Ma chérie, attends, je ferme la porte, je viens d'arriver,
- Je sais, je quitte Mattie à l'instant, nous avons papoté pour te laisser le temps du trajet,
- Vous avez dit du mal de moi, je suppose ?
- Oh oui !… As-tu bien récupéré, quand nous nous sommes quittés, tu étais épuisé.
- Tu connais la vie sur un porte-avions… Notre conversation par là-dessus…
- Peux-tu m'accorder un moment encore, j'en ai pour une minute ?
- Je t'en prie ma Chérie, j'ai toujours du temps pour toi, que se passe-t-il ?
- Pourrais-tu être à Dulles vendredi vers 14 h30 ?
- Oui… Pourquoi ?… Mac !
- J'aurais besoin d'un chauffeur et il y a trop d'attente à l'arrêt des taxis.
- Si c'est une blague, elle est de mauvais goût !… Sarah réponds !
- Ce n'est pas une blague Harm, j'ai ma réservation, je serai à Washington après-demain, si tu veux bien me recevoir ?
- Sarah ! Cesse de me faire des coups pareils. Quand t'es-tu décidée ?
- Après mon entretien avec l'Amiral et ma visite chez l'avocat qui m'a conseillé de me changer les idées.
- S'ils en a beaucoup comme ça, des idées, je suis confiant pour ton divorce. Tu viens pour combien de temps ?
- Une semaine, dix jours au plus. Pendant que tu seras au JAG, je m'occuperai de mon appartement.
- Dieu que c'est bon à d'entendre, je peux en parler à l'Amiral ?
- A qui bon te semble, je ne compte pas raser les murs mon Chéri, je n'en ai aucune envie. Je vais te laisser travailler maintenant. J'espère que tu auras pu passer à côté de ce dossier de fraternisation
- Moi aussi, je le saurai tout à l'heure. Je t'appellerai pendant la coupure de midi. A bientôt ma Chérie, merci de la bonne nouvelle.

Il avait encore la main posée sur le téléphone, quand Bud passa la tête dans la porte, après avoir certainement frappé, sans réponse :
- Bonjour Capitaine !
- Entrez Bud, je ne vous ai pas entendu, j'étais dans mes pensées. Fermez la porte !
- Un problème avec vos quotas, Harm ?
- Non ça c'est passé à merveille ! C'était Mac au téléphone. Elle arrive vendredi après-midi, mais seule. Elle divorce Bud !… Il faudrait donc éviter le sujet "Brumby". Vous êtes le premier averti, gardez cela pour vous, à part Harriett, je veux avertir l'Amiral moi-même..
- Elle rentre pour de bon, ou est-ce un simple voyage ?
- Elle vient préparer son retour définitif, son appartement, et régler quelques détails administratifs.
- Vu votre sourire, je pense que le Colonel va bien… Mais c'est grave avec Brumby ?
- Disons qu'elle va mieux. Il lui a fait un coup tordu, avec un prétexte plus que douteux… Enfin, vous connaissez le bonhomme. Et vous savez ce qu'elle a abandonné pour lui….
- Nous aurions tellement aimé qu'il en soit autrement. Elle ne mérite pas ça... Nous savons ce qu'elle représente pour vous !
- C'est gentil Bud, elle va revenir ici, nous lui ferons oublier cette mauvaise passe... Elle devrait travailler de nouveau avec nous...
- Je suis heureux pour vous deux, Harriett va être folle de joie… Finalement, vous arriverez peut-être à la conquérir pour de bon
- Oui Bud, je commence à y croire.

Bud quitta le bureau du Capitaine sans avoir abordé le sujet de sa visite. Une affaire de fraternisation n'était pas du meilleur goût, pour un officier du JAG amoureux d'un Colonel de Marines. Il se passerait de son opinion.

Loin des scrupules de son ami, Harm assimilait lentement les révélations de Sarah. Dix jours, il la retiendrait au maximum, quel bonheur, même s'il fallait être discret, il suffirait d'utiliser la méthode appliquée durant huit ans…

Il alla annoncer la nouvelle à l'Amiral qui reçut l'information, un léger sourire au coin des lèvres et demanda que Mac vienne le voir à son bureau. En sortant, Harm croisa Jennifer. Il lui fit signe de le suivre, elle emboîta le pas du Capitaine.

- Fermez la porte et asseyez-vous Jennifer.
- Oui Monsieur !
- Je ne repars pas en voyage dit-il en souriant, cependant j'ai besoin de votre aide plus que jamais.
- Dîtes Capitaine, si je peux vous être utile, ou à Mattie…
- Je voudrais votre avis. Que pense Mattie du Colonel MacKenzie, selon vous ?
- Elle l'admire beaucoup, et je crois qu'elle l'apprécie, bien qu'elles se connaissent assez peu.
- Jennifer, le Colonel arrive vendredi pour une dizaine de jours, avant de rentrer définitivement dans deux mois au plus tard. Elle divorce…. Vous savez que nous sommes très liés…
- Je suis au courant Monsieur… Mattie m'a appris le divorce du Colonel tout à l'heure, mais pas sa venue…
- Elle l'ignorait tout comme moi. Mais elle vous a parlé du divorce de Mac ?
- Elle pense que votre vie et la sienne vont changer. Je crois qu'elle est un peu inquiète, mais aussi très heureuse pour vous, Monsieur.
- C'est une conversation privée Jen' laissez le "Monsieur"… Elle a raison sur le fait que ma vie va changer, mais vous savez qu'elle n'a rien à craindre… Sarah et moi, n'avons pas l'intention de bousculer son existence, elle sera ma fille officiellement. Si elle se montre soucieuse, prévenez-moi surtout, n'hésitez pas. Les séquelles de son accident la rendent encore vulnérable..
- C'est étrange Harm, pendant que vous étiez à Sydney, elle a évoqué vos sentiments pour le Colonel… Ce que vous m'annoncez ne fait qu'exaucer son vœu de ne plus vous savoir seul… Elle m'a déclaré un soir, que vous aimiez le Colonel et que son mariage vous rendait malheureux…
- Elle a dit vrai Jennifer, vous connaissez l'histoire, tout le monde en parle ici … Il sourit avant de continuer… Donc, d'après vous, elle ne voit pas d'objection à ce revirement dans ma vie ?
- Non Harm ! Elle tient beaucoup à votre bonheur, c'est naturel. Je ne sais pas comment les choses vont évoluer, mais sachez que je suis là, vous pouvez compter sur moi…
- Vous êtes une fille super Jennifer, et ce qui vaut pour Mattie, vaut en partie pour vous. Je suis là, moi aussi, j'ai un peu l'impression d'avoir deux filles pour le prix d'une, et Sarah vous apprécie beaucoup, vous vous ressemblez assez toutes les deux !…
- C'est un énorme compliment, merci Monsieur… Jennifer sortit du bureau, toute émue, laissant Harm à ses projets...








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Posté le: Dim 16 Déc - 01:07 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

Maison des Brumby - Banlieue de Sydney
Australie - 27.01.2005
 
Sarah se leva tôt, elle avait eu une nuit paisible enfin, sa longue discussion avec Harm l'avait rassurée sur deux ou trois points cruciaux, Mattie en particulier. Elle avait un programme bien chargé. Avant tout elle devait écrire à Mic. Il était tout juste 7 Heures, elle était assise à son bureau. Le sourire d'Harm sur la photo, lui donna une motivation supplémentaire pour entamer sa démarche

Elle rédigea sa lettre d'un seul trait. Comme convenu avec son avocat, elle n'aborda pas l'éventuelle liaison de Mic. Les mots s'alignaient comme s'ils avaient été choisis à l'avance. Relisant sa missive, elle n'y ajouta rien. Coleen arrivait alors qu'elle s'apprêtait à quitter la maison. Elle lui fit part de son voyage, sans explications superflues et l'informa qu'elle se rendait à Sydney pour effectuer diverses courses et déposer un courrier destiné à Mic.

" Mic Quand tu prendras connaissance de ce courrier, je serai peut-être en voyage, je m'absente durant une dizaine de jours. Cette lettre n'est pas uniquement destinée à te prévenir de ce déplacement que tu n'aurais sans doute pas remarqué, n'étant pas toi-même, à la maison.
Non Mic, je t'annonce un événement bien plus grave. Je rentre aux U.S.A. et pour toujours. J'ai beaucoup réfléchi depuis notre dispute. Je ne peux et ne veux pas me plier à tes exigences. J'ai laissé derrière moi beaucoup de choses pour te suivre. Il n'est pas question que j'en abandonne plus encore.
Si tu as été un bon époux durant ces deux années, tu as depuis quelques temps un comportement irresponsable, tu m'as menti, et tu m'as écartée de ta vie sans explication… Je n'accepte pas. Peut-être parce que je ne t'aime pas suffisamment ? Diras-tu. C'est sûrement vrai ! Mais ce n'est pas la seule raison. Je n'ai pas envie de jouer les Pénélope, ni de me morfondre, seule, dans ce pays qui n'est pas le mien…
J'ai chargé un avocat, Me James Smith, des formalités de divorce. Tu recevras un dossier d'ici quinze jours. Je serais certainement rentrée. Quant à toi je l'ignore !.. Sache qu'en ta présence ou non, dès le délai légal passé, je quitterai l'Australie pour ne plus y revenir. A part mes vêtements et quelques objets personnels, je n'ai rien ici. Tout ce qui est dans la maison est à toi, du moins je le considère comme tel. Je laisserai tout en ordre, y compris vis à vis de Coleen.
Ta fierté va être blessée Mic, j'en suis navrée. Mais je dois penser à moi. Mon bonheur n'est pas ici. N'accuse personne d'autre de cette décision, je l'ai prise en toute sérénité et après mûre réflexion.

Je te souhaite tout le bonheur et la réussite que tu mérites. Je n'oublierai rien des bons moments qui furent les nôtres. Ne cherche pas à me faire changer d'avis, ce serait en pure perte. Adieu Mic.
Sarah.."


Aéroport Dulles - Washington
D.C. - 28.01.2005

Le panneau d'affichage venait à peine d'indiquer la porte d'arrivée du vol en provenance de Sydney, que Harm s'était précipité afin d'accueillir la passagère tant attendue. Depuis que Sarah lui avait annoncé sa venue, il avait littéralement plané au dessus de tout.

Il avait échappé à cette affaire de fraternisation confiée à Bud. Il s'était chargé de liquider des affaires mineures en cours et avait préparé avec Manetti, cette Cour Martiale pour le meurtre d'un Enseigne de Vaisseau sur la base de Miramar à San Diego.

Encore quelques minutes et elle serait là. Dieu que c'était long … Enfin, il l'aperçut, elle fit un signe de la main et il la reçut dans ses bras. Ils demeurèrent un moment enlacés échangeant ce baiser tant désiré, sans se soucier de l'œil attendri des voyageurs devant le spectacle de ces deux êtres visiblement amoureux, leur beauté respective ne faisant qu'attirer davantage les regards.
- Sarah j'ai cru devenir fou dans ce hall, vous êtes en retard ?
- De sept minutes et trente secondes, Harmon Rabb !… Elle posa la tête sur son épaule en riant.
- Allons chercher tes bagages, ma Chérie, nous sommes attendus au JAG !
- Déjà, mais nous..
- Nous ferons comme au bon vieux temps, comme si !… Tout le monde est sur le pont, et il n'y aura pas de question embarrassante, tous nos amis sont au courant.
- Tu as pensé à tout si je comprends bien…
- C'est mon rôle de prendre soin de toi, et j'entends bien le tenir au maximum.
- N'oublie pas que tu l'as déjà fait plus souvent qu'à ton tour… Sauf quand mes bêtises t'en ont empêché.
- C'est bientôt du passé ma Chérie, n'en parlons plus, il la serra plus fort contre lui.

Main dans la main, ils récupérèrent ses valises, puis quittèrent l'aéroport en direction de Falls Church. Ils prirent le temps de s'arrêter un moment dans le parc pour être un peu seuls avant d'affronter leurs amis. Ils s'étaient quittés amants certes, mais sans certitude de se revoir...

Ils se retrouvaient tout autres. Ils s'étaient débarrassés de cette retenue qui les avait séparés durant des années. Ils se dirent face à face, les mots échangés par téléphone, avec en plus la joie de pouvoir s'étreindre à loisir.


Q.G du JAG - Falls Church
Virginie - 28.01.2005

L'Amiral raccrocha son téléphone.
- Le Colonel vient d'arriver. Nous en resterons là pour aujourd'hui. Je pense avoir fait le tour de ce dont je voulais vous parler. Allons rejoindre le reste de la troupe. Joignez-vous à nous Lieutenant, vous rencontrerez une femme devenue un excellent officier et un brillant avocat, malgré une enfance et une adolescence des plus difficiles.

Tout en parlant, Chegwidden, entraîna le jeune homme dans la salle centrale du JAG.

Grégory Vukovic aperçut la haute stature du Capitaine Rabb, il ne l'avait encore jamais vu aussi souriant. Il lui parut soudain moins hautain. Tous l'entouraient, cachant la nouvelle arrivée. A l'approche de l'Amiral, l'assemblée s'écarta.

Le Lieutenant s'arrêta, médusé. Le Colonel se débarrassait d'un lourd manteau aidée par son ancien coéquipier, visiblement très attentionné, elle tenait à la main un bouquet que venait de lui remettre la pupille du Capitaine. Bon sang, qu'elle est belle, pensa Vukovic. Rompez Lieutenant ! … Il s'était exprimé à haute voix…

L'Amiral avança vers la visiteuse et l'étreignit à son tour. En un pas le groupe se trouva devant lui :
- Colonel Sarah MacKenzie, voici le Lieutenant Vukovic, annonça Harm, le nouvel avocat dont je t'ai annoncé l'arrivée, il nous vient de San Diego.
- Madame, très honoré.
- Très heureuse de vous connaître Lieutenant, j'espère que vous vous plairez ici, et que vous vous y ferez une bonne expérience, continuant son chemin, elle le gratifia d'un petit sourire espiègle.

Elle paraissait visiblement heureuse, tel qu'on peut l'être en rentrant à la maison après une longue absence. Le Capitaine la suivait pas à pas. A l'invitation de l'Amiral, tous se dirigèrent vers le buffet dressé au fond de la salle.

C'est le retour de l'enfant prodigue, observa le lieutenant. Amateur de femmes, il apprécia la silhouette parfaitement moulée dans un ensemble de tweed grège, et le port parfait. En uniforme aussi, elle devait avoir une sacrée classe. Il n'avait jamais vu un tel Colonel !…

L'Amiral quant à lui, ne manqua pas d'observer le couple formé par Mac et Harm…. De toute évidence, les liens étaient définitivement noués, il avait remarqué le tutoiement qu'ils n'avaient visiblement pas adopté la veille. S'ils se comportaient en collègues, ceux qui les connaissaient bien percevaient le changement survenu dans leur relation. Il surprit le regard attendri de Bud, les deux hommes échangèrent un sourire complice.

Chacun voulait parler à Mac, lors de sa visite en décembre, elle n'était pas venue au Q.G.. Harm l'observait à la dérobée, fier de voir l'intérêt qu'elle suscitait. Elle était magnifique ! Plusieurs Juges s'étaient joints à la fête. Harriett et Jennifer avaient très bien organisé le cocktail, aidées par Mattie. Elle aussi semblait très à l'aise, bien qu'elle connaisse peu de monde mais ses yeux et son sourire en étaient la preuve. Seuls les Roberts et l'Amiral lui étaient familiers, sans parler de Jennifer dont elle était inséparable.

Tout à sa réflexion, il n'avait pas vu Sarah entamer une grande discussion avec Harriett et les filles … Il les regarda un moment, la joie de Mattie ne faisait aucun doute. Harriett s'en aperçut, elle lui fit un petit signe, il alla les rejoindre :
- Alors Capitaine, pourquoi resté seul dans votre coin, je demandais au Colonel, si elle voulait venir dîner samedi soir, afin de voir votre filleul, qu'en dîtes vous ? Ce serait bien pour AJ Jr de voir son parrain et sa marraine réunis…
- Colonel ? qu'en pensez-vous ? demanda-t-il une lueur de malice dans les yeux,
- Ça me va, mais j'aurai besoin d'un chauffeur !…
- Je me ferai un plaisir de venir vous prendre à votre appartement , Madame…

Ils éprouvaient un plaisir non dissimulé à échanger ce genre de propos… Harriett et Jennifer entrèrent dans leur jeu, d'autant que cette dernière et Mattie seraient de la partie, tout comme l'Amiral que Bud avait invité de son côté.

Vers 19 h, les invités s'étant peu à peu éclipsés, ne restaient que les intimes, l'Amiral, les Roberts, Jennifer et Mattie.

Sarah leva les yeux vers Harm, avant de déclarer :
- Amiral, je peux vous dire dès ce soir que je serais définitivement disponible début avril au plus tard, mon avocat a reçu l'accusé de réception de Mic, il accepte la procédure. Le divorce sera prononcé dans les trois mois. Je devrais être chez moi pour le début de mars.
- Nous serons heureux vous compter parmi nous Mac ! Confidence pour confidence, je vous donne la priorité d'une autre nouvelle reçue dans l'après-midi, j'ai accepté, faute de remplaçant, de reprendre du service au JAG pour les deux années à venir et un peu plus si besoin…
- C'est une excellente nouvelle Amiral, mon retour n'en sera que plus agréable, répondit Mac..

Tous saluèrent cette événement qui les comblaient. Harm se tenait près de Sarah il passa son bras autour de sa taille :
- Puisque nous sommes dans les déclarations, je vais en profiter. Je pense que Sarah n'y verra pas d'inconvénients dit-il la regardant avant de poursuivre, elle posa sa tête contre son épaule …. Je voulais, enfin disons que nous voulions, vous demander de nous réserver le dernier week-end de Septembre afin d'assister à notre mariage… Il se pencha vers Sarah et lui mis un baiser sur le front.
- Ce sera pour notre plus grande joie… Nous avions tant espéré ce jour, tous nos vœux vous accompagnent… déclara Harriett, la première à reprendre ses esprits….
- Allons-nous pouvoir aborder une ère de félicité dans ce service ? demanda l'Amiral en souriant…

Une salve d'applaudissements salua cette nouvelle et la précédente. Les yeux étaient tous plus ou moins embués de larmes. Durant la déclaration de l'Amiral, Harm avait appelé Mattie du regard, elle se tenait à l'opposé de Mac. Ils offraient tous trois à leurs amis, la perspective d'un avenir enfin comblé. Cette journée ferait date dans le cœur de tous.

Les amis se séparèrent, jusqu'au lendemain. Harm et Mac suivirent l'Amiral dans son bureau.
- Je voulais vous voir seuls, j'ai quelques informations pour vous, pour votre carrière, Mac
- Amiral, sauf votre respect, pour ce qu'il en reste, ma carrière n'a plus grand chose à perdre… notre mariage…
- Détrompez-vous… l'Amiral Boone et moi-même avions envisagé ce scénario… Vous pourrez donc réintégrer le service et vous serez maintenue Juge par intérim pour remplacer progressivement le Capitaine Sebring qui demande une retraite partielle, ce qui vous place sous un double commandement….
- Je vous remercie Amiral, mais…
- Laissez-moi terminer. Si j'ai accepté de reprendre du service au JAG, c'est à une condition : me voir attribuer un adjoint… Ce sera vous Capitaine. Vous serez officiellement nommé à ce poste prochainement. Si tout se passe bien d'ici deux ans environ, vous pourrez prendre ma place avec le grade de Contre Amiral, dit-il d'un air ironique !…
- Monsieur… je vous remercie.. je ne sais quoi dire de plus..
- C'est bien la première fois ! Remerciez Boone, tous les deux, nous n'avons pas eu beaucoup de mal à convaincre le Secrétariat d'Etat, vos états de services parlent pour vous. Mais nous avons étudié le problème ensemble. Donc Colonel, je peux compter sur vous fin mars ?
- S'il fallait avancer la date, je crois que ça ne poserait pas trop de problèmes. C'est une question de logistique simplement, des travaux de rénovation dans mon appartement.
- Tu pourrais peut-être t'arranger avec Bud et Harriett dans ce cas ?
- Tu as raison, je n'y avais pas penser. Voyez Amiral ce qui est le mieux pour le service. Fin février, je serai rentrée à Washington…

Ils se séparèrent sur cet accord, les voyant sortir ensemble de son bureau, comme tant d'autres fois, l'Amiral apprécia leur tenue en public, mais il ne put s'empêcher de penser que si Brumby avait une once de bon sens, il avait constaté tout comme lui, que ce qu'il y avait entre ces deux êtres, personne au monde n'y pourrait rien changer !…

Pendant que Harm allait consulter les messages arrivés durant le cocktail, Sarah se dirigea vers ses quartiers. Passant devant ceux qui avait été les siens, elle constata qu'ils étaient inoccupés, les photos et les affiches qu'elle y avait accrochées, étaient toujours là, elle en fut touchée, elle continua son chemin.

En pénétrant dans bureau d'Harm, une multitude de souvenirs afflua à sa mémoire, les adieux, les confidences, les conflits, les heures de travail, huit années de sa vie…

Elle fit le tour, retrouvant à leur place les objets familiers, le Stearman, les photos, il y en avait de nouvelles, le mariage de Sergei et la photo-souvenir de cette "Soirée de l'Amiral".

Harm entra alors qu'elle tenait ce cadre :
- Tu redécouvres les lieux, ma Chérie ?
- Ici, c'était Mac ou Colonel… dit-elle en lui souriant.
- Tu oublies les appels téléphoniques que j'ai passés depuis mon retour d'Australie,
- C'est vrai… Mais je pensais à toutes ses années, à tout ce temps perdu, elle se blottie dans ses bras.
- N'y pensons plus, j'ai une irrésistible envie de vous embrasser Colonel, ou votre Honneur, je ne sais trop quel terme employer.
- Je peux te retourner le compliment Monsieur le JAG adjoint !…
- Alors, tant pis pour la fraternisation. Prenons le risque !… Il prit ses lèvres, ils attendaient ce moment d'intimité depuis des heures et le fait d'être en ces lieux, décuplait leur désir.
- Pourquoi n'a-t-on pas utilisé mon bureau ? Vous êtes en sous effectif, mais tout de même,
- J'aurais mal vécu l'installation définitive de quelqu'un à ta place, et par je ne sais quel miracle, personne n'y est venu sauf temporairement. Tu pourras le récupérer…. Ils ponctuaient leurs phrases de baisers. Et maintenant que voulez-vous faire Madame ?
- Allez chez moi déposer mes bagages, ensuite nous improviserons Harmon Rabb, elle lui sourit avec cet air taquin qui le faisait fondre à chaque fois.

Il l'aida à mettre son manteau, puis ils se dirigèrent vers l'ascenseur, un des théâtres de leurs chamailleries. Ils quittèrent l'immeuble main dans la main sous l'œil interloqué des deux gardes. Quelques vingt minutes plus tard, ils pénétraient dans l'appartement de Mac.

Ils trouvèrent, posé sur la table basse du salon le bouquet de fleurs offert à Sarah, de l'autre côté de la pièce, une bouteille de Champagne dans un sceau à glace et un magnifique plateau repas les attendant sur une console.

Deux fées nommées Jennifer et Mattie avaient veillé à la sérénité de leurs retrouvailles. Il refermèrent la porte sur eux, une longue nuit de rêve les attendait, mais ils savaient qu'elle serait suivie de nombreuses autres.


FIN

















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Posté le: Dim 16 Déc - 01:16 (2007)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

 EPILOGUE       
 
Falls Church - Chapelle des AngesVirginie - 24 Septembre 2005



Il faisait un temps merveilleux en cette matinée d'automne. La Chapelle où, chaque année l'Aumônier Turner, venait dire son prêche de Noël, était garnie de fleurs roses et blanches. Elle regorgeait de monde.

Outre les parents et amis, comme pour la Soirée de l'Amiral, tout le Q.G. du JAG était présent, attendant les héros du jour.

Harm arriva le premier au bras de Trich, très émue. Sur le profil de son fils, se superposait un autre plus jeune et pourtant si semblable, lui faisant revivre par delà quarante trois années le jour de ses propres noces...

Serguei, Bud et Sturgis suivaient en tant que témoins. Franck et l'Amiral Boone accompagnaient Lauren. Harriett et Vareze étaient déjà entrées, la première veillant sur A.J. Jr qui porterait les alliances, la seconde pour régler les derniers détails avec la Chorale.

Enfin Sarah apparut au bras de l'Amiral, vêtue d'une robe princesse en soie ivoire, un bouquet d'orchidée rose pâle à la main. Ses cheveux relevés en chignon étaient coiffés du voile de mariée de Trich.

Elle était radieuse et belle à couper le souffle. Derrière elle, Chloé Mattie, et Jennifer, ses demoiselles d'honneur portaient de très élégantes robes d'un rose assorti à la couleur de son bouquet.

Voyant Sarah s'avancer dans la nef, Harm se sentit étreint par l'émotion. Serguei lui posa la main sur l'épaule. Les deux frères échangèrent le même regard bleu avant de le lever vers le ciel, où un Pilote dans son éternelle jeunesse, veillait sur eux, appuyé au balcon du Paradis.

La cérémonie célébrée par l'Aumônier Turner, fut très émouvante, particulièrement lors de l'évocation de Harmon Sr. Les chants choisis par les mariés ajoutaient à la solennité de l'office. Au moment de l'échange des vœux, et des alliances, nombreux furent ceux qui ne purent retenir leurs larmes. Quand Harm embrassa Sarah, il dut lui essuyer doucement la joue.

Il sortirent de l'église sous la voûte d'acier formée par leurs amis officiers. En descendant les marches Sarah n'échappa pas au traditionnel coup de sabre "Pour la Marine". Les cloches sonnaient à toutes volées, à l'émotion succédaient la joie générale et les applaudissements de tous leurs parents et amis.

Tard dans la soirée, laissant leurs invités continuer la fête sans eux, le Capitaine de Vaisseau et Madame Harmon Rabb Jr s'envolaient pour leur lune de miel à destination du Sud de la France et de l'Italie.

FIN









        

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Posté le: Mer 27 Fév - 12:26 (2008)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

j'ai beaucoup aimé!!! bravooooo

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Posté le: Mer 27 Fév - 20:34 (2008)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

  C'est ma première fic ! Elle aura bientôt 3 ans, j'ai l'impression que c'était hier  Ravie que tu aimes ! C'est vrai que pour celles qui suivent la redif de JAG sur F4, elle est d'actualité!
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Posté le: Mer 27 Fév - 22:05 (2008)    Sujet du message: Et Si.... ou l'Autre Chemin. Répondre en citant

j'ai adoré la relire  
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